Ce texte est candidat au concours littéraire La Plume Stileex
Thème 2018 : La Beauté de Tana
Les œuvres présentées et publiées sur le site dans le cadre du concours littéraire La Plume Stileex sont le travail de personnes extérieures à l'équipe éditoriale. En conséquence, les avis, jugements et points de vue présentés dans chacune d'elles n'engagent que leurs auteurs respectifs et ne reflètent en aucun cas ceux de la Revue Stileex. Également, dans un souci d'équité et surtout pour ne pas dénaturer le travail des candidats, nous n'avons pas corrigé les textes et les présentons donc tel que nous les avons reçus.
Vous pouvez noter cette œuvre en bas de page. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 18/11/2018. En savoir plus sur le concours La Plume Stileex 2018
Sponsors La Plume Stileex
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Il s’est arrêté de pleuvoir alors je suis sortie pour ma minute cigarette à la véranda.
J’aime le calme qui règne quand les voisins ne se disputent pas
Parce que la femme est trop dépensière ou le mari a la colère facile
Allez savoir, moi, je profite de chaque taf et je me dis que j’aime cette ville.

L’électricité a coupé alors je contemple mon quartier à travers les lumières des voitures qui roulent dans les flaques dans le noir
Je vois des demoiselles sortir de chez elles moins couvertes que d’habitude, après avoir pris soin de fermer leurs dignités ,à clé dans les tiroirs

Je vois des hommes rentrer un peu tard d’une journée de dur labeur, remonter leur pantalons avant de traverser “l’eau”
Et ce vendeur de lait de soja qui est encore là, pour quelques derniers clients qui veulent rentrer le ventre chaud.

Pour aimer cette ville il faut y avoir vécu, il faut par elle avoir été déçue mais il faut aussi ne pas vouloir autre que ça
Elle est fatiguée ma ville, elle a souffert ma ville, elle est tout ce dont on ne rêve pas

Mais c’est la mienne…
Elle est belle quand elle est illuminée certains soirs et qu’on arrive à distinguer chaque colline
Quand les fleurs de jacarandas ornent les rues et laissent comme un doux parfum d’espoir
Quand il y a plus de bruits de tireurs de charrette que de moteurs d’automobiles
Quand la course derrière un bus ressemble à une émeute, vous devriez venir voir…

Mon quartier est je pense, le plus aimé, les jours de marchés, on ne sait pas où mettre les pieds
Il faut prendre soin de ne pas trébucher parce que les étalages s’accaparent les trottoirs
“Madame cette robe t’irait bien, elle coûte trois fois rien et ton mari va se régaler”
Et Madame sait négocier parce qu’elle mise sur cette robe de seconde main pour être aimée ce soir.

Je suis presque à court de taf, et je vois des lycéens titubants et murmurants entre les couloirs du quartier
C’est l’âge où rien ne compte vraiment mais où on se doit de tout tenter
Ils veulent devenir pilotes de course, astronautes, auteurs de bande dessinée
Chacun chérit un rêve, et ne laissera pas cette ville les briser.

J’entends aussi des hurlements de victime de vol à l’arraché comme presque tous les soirs
Et des voix répétant qu’elle n’avait qu’à ne pas rentrer tard
Je suis bien contente d’être là où je suis, à l’abri de tout ce que l’obscurité peut engendrer
Il est impossible d’y vivre, sans ne rien risquer…

L’électricité est revenue, ma cigarette est terminée alors je respire un bon coup et je lâche mon mégot
Antananarivo connaît mes secrets, mes amours perdus, et mes fardeaux
C’est ma ville, celle pour qui je lèverais mon poing celle à qui un jour je rendrai sa beauté
En attendant elle a beaucoup changé, parce qu’on lui a tout pris, ma ville est brisée.

Antananarivo est comme le café au lait pas assez sucré qui aurait pu être bon mais l’amertume est trop présente
Et pourtant très souvent au crépuscule je tends mon oreille et je l’entends qui chante
Je vous jure qu’elle est magnifique quand tout se tait et qu’on n’entend qu’elle
Mais ça ne dure jamais longtemps avant que la bêtise humaine ne s’empare d’elle

Mais qu’est-ce que je l’aime…
J’aime ses coutumes j’aime ses Hommes, j’aime ses maisons qui s’entassent
J’aime sa liberté, son envie de se battre malgré ses faiblesses
Vous y trouverez ce dont vous avez besoin de jour comme de nuit
Antananarivo ne sera jamais à court de « taxi phone » ou d’épiceries

Elle a fait de moi ce que je suis, et je la prendrais volontiers dans mes bras
Pour sécher ses larmes et lui dire que ça ira
Que cette ange à la peau dorée semble avoir oublié de la protéger
Mais que ce n’est pas grave, parce qu’il y a d’autres comme moi prête à l’aider…à l’aimer…à la sauver

Antananarivo est belle, dans nos cœurs
Cette ville tantôt aux autres, tantôt à moi
Antananarivo est belle, elle a ses sauts d’humeur
Antananarivo me fera revenir d’où que je sois…

ANTANANARIVO 20h

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Andriatiana Rakotomanga
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