Le Bore-out, quand la stupidité de la loi du travail atteint son paroxysme

Vous connaissiez le burn-out ? Cet état délabrement psychologique et physique, conséquence d’une trop forte charge de travail sur une période trop longue. Et bien désormais, la justice française vient d’introduire le bore-out, une situation où l’employé juge qu’il n’a pas assez de travail et pour laquelle il peut poursuivre son employeur aux prud’hommes. Zoom sur un nouveau foutage de gueule. Cet article fait écho à cette actualité publiée sur Le Figaro.

La loi du moindre effort

Avant toute chose, je tiens à préciser qu’il existe bien sûr de très bons employés, impliqués dans leur travail et voulant donner le meilleur d’eux-mêmes dans la limite d’un bon équilibre vie privée / vie professionnelle. Et j’ai la grande chance d’en avoir dans mes équipes.

Cette petite aparté faite, toi chef d’entreprise qui me lit, tu sais tout aussi bien que moi que la plupart des employés sont de grands adeptes de la loi du moindre effort. Des fois, tu te demandes même pourquoi ils ont postulé et ont accepté le travail, si c’est pour y aller à reculons chaque matin (ah oui la paie à la fin du mois).

Quand moi-même j’étais employé, combien de fois j’ai entendu de la part de collègues : attention travaille moins vite, sinon ils vont nous donner autre chose à faire.

Bore-out
Bore-out

Burn-out ok, bore-out, tu te fous de moi ?

Autant je suis d’accord qu’un bon manager doit veiller à ce que ses collaborateurs ne soient pas surchargés de travail, autant c’est quoi ce foutage de gueule du bore-out ?

Donc en plus de veiller aux innombrables lois en tout genre en faveur systématique des employés, il faut également faire en sorte qu’ils ne s’ennuient pas au travail !!! Truc de dingue.

L’employé qui s’ennuie au travail dispose quand même de plein d’options :

  • Il peut le signaler à ses supérieurs ;
  • Il peut prendre des initiatives (vous savez ce concept que tous les candidats arborent fièrement lors des entretiens d’embauche, mais qui semble s’égarer lors de la prise du poste) ;
  • Il peut faire autre chose au pire (parce que moi j’en ai vu des employés, qui avaient pourtant du travail à faire, s’occuper sur des choses purement privées – Facebook quand tu nous tiens…) ;
  • Il peut démissionner tout simplement.

Le conseil des Prud’hommes assimile le bore-out à un harcèlement moral. No comment.

Et quelles options pour l’employeur ?

Vous croyez vraiment qu’un employeur sain d’esprit s’amuserait à payer une personne pour ne rien lui donner à faire ???

Une entreprise ne peut pas licencier un employé sans motif, et sur ce point je suis assez d’accord, un employé est un être-humain, pas un jetable. Mais là où c’est quand même un peu plus discutable, c’est qu’un employé peut quitter son poste quand il le souhaite, et pour les moins délicats, cela se fait même du jour au lendemain, sans préavis, sans passation. Ce déséquilibre est déjà anormal en soi.

Mais maintenant prenons une société qui n’a plus de travail à donner à un employé, soit qu’il y a moins de commandes clients ou encore que les compétences dudit employé ne sont plus vraiment utiles dans un contexte concurrentiel sans cesse changeant.

Alors la société a quoi comme option ? Rompre le contrat de travail de l’employé l’exposerait à une poursuite aux Prud’hommes pour licenciement abusif. Mais s’il ne le licencie pas, maintenant il s’expose à la poursuite en justice pour bore-out !!! Franchement foutage de gueule.

Conséquences

Je dirais qu’il y a 3 options possibles pour le chef d’entreprise :

  1. Il ne dort plus la nuit, s’inquiétant constamment de toutes les lois sociales, hésitant à confier une tâche supplémentaire à ses camarades, ou au contraire se demandant si ces derniers ont assez de travail ;
  2. Il va embaucher dans un autre pays, où on lui cassera moins les couilles, et où on reconnaîtra son rôle déterminant dans la société comme créateur de valeur (et donc de richesse pour le pays) ;
  3. Il s’en fout de toutes ces lois, il embauche quand même, et passe en pertes et profits tous les frais et dédommagements judiciaires qu’il devra payer, lesquels seront bien sûr récupérer sur des augmentations de prix pour ses consommateurs (si sa position sur le marché est assez forte).

Les grands perdants de ces foutages de gueule sont la France, sa richesse et ses consommateurs. Des fois je me demande vraiment comment la France est encore un pays « riche ». Un jour on se réveillera, et ça sera à notre tour de produire des sandales en plastique pour moins d’un euro pièce. Et il ne faudra pas venir s’en plaindre.

4 Commentaires

  1. Les employés ont besoin de l »employeur tout comme l’employeur a besoin des employés. Si c’est si simple comme vous le dites « il suffit de démissionner », tout le monde fera de même et alors qui restera dans votre boite ? Et vice-versa.
    « Donc en plus de veiller aux innombrables lois en tout genre en faveur systématique des employés » : Avant de créer une entreprise, il est important de savoir que celle-ci ne fonctionnera pas sans employés, qui ont besoin de s’épanouir pour vous accompagner dans votre démarche, de plus, changer de personnel tous les mois n’est pas ce qui est le plus bénéfique pour les entreprises.
    D’où la grande différence entre un chef et un leader, j’en déduis après cet article qu’être leader n’est décidément pas une qualité que l’on retrouve chez certains employeurs.

    • Bonjour Mitia. Je comprends votre point de vue. Mes employés se portent très bien, je vous rassure.

  2. Le bore out n’est pas « juste de l’ennui ». Ils expliquent bien dans l’article que le salarié s’est senti exclu car il faisait un travail en dessous de ses compétences réelles. Et il a fini en dépression. Le fait est là, discréditer le bore out ce serait aussi discréditer l’envie des gens de se sentir épanoui au travail. La solution à tout n’est pas toujours de juste démissioner. Alors oui il y aura toujours des branleurs qui essaieront de profiter de ces lois. Mais il y a aussi une minorité de gens qui ont vraiment une bonne intention de vouloir bien faire leur travail et dont le besoin d’épanouissement est important, mais malheureusement ils sont freinés soit par la hiérarchie soit par le système en place et ils se résignent donc à leur propre sort sans en parler et finissent en dépression.

    • Salut Aro, je suis d’accord avec toi sur la réalité du problème, cependant je ne vois pas ce qui empêche l’employé de démissionner et de tenter sa chance ailleurs, ou même de créer sa propre boite… Il faut aussi comprendre la réalité du chef d’entreprise, et en plus il ne peut pas être dans la tête de ses employés, comment détecter un bore-out si l’employé ne se manifeste pas ? Alors, ok disons que c’est un problème qui mérite d’être traité, mais de là à sanctionner l’entreprise (encore)… Non parce qu’au bout d’un moment, on ne fera plus d’entreprises, et puis c’est tout. Et le gars victime du bore-out ira alors porter plainte contre son agence Pôle Emploi parce que ce dernier ne lui trouvera pas de poste à la hauteur de ses compétences. Et après c’est quoi la prochaine étape ? Plainte pour mauvais repas à la cantine lesquels ont engendré des dépressions chez les employés qui commençaient à appréhender la pause déjeuner ?

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