Quel est le but dans la vie ?

J’aurais pu emprunter des voies bien différentes. Si j’étais resté bien sagement sur le sentier balisé de mes études scolaires en mathématiques, je serais aujourd’hui ingénieur. Mais je me suis écarté de ce destin, et j’ai créé ma première entreprise dans le web marketing à 25 ans, société que je ferma deux ans plus tard. J’ai alors appris le métier de vendeur, pour lequel je me suis révélé très doué, à ma propre surprise. Si j’étais resté sur le chemin tracé de cette carrière, je serais aujourd’hui responsable ou peut-être même directeur commercial en France. Mais ma passion pour la création d’entreprise et l’aventure reprit le dessus, et j’ai quitté la mère patrie pour relancer mon activité dans le web marketing à Prague, en République tchèque. Je vivais confortablement, alternant séances de shopping, soirées mouvementées et quelques heures de travail par jour. Si j’étais resté sur cette route paisible de l’indépendance, je serais aujourd’hui un freelance hédoniste. Mais mon leadership devait s’exprimer, et ma faim d’aventure n’était pas encore rassasiée, alors j’ai quitté l’hémisphère nord pour m’établir à Madagascar. La Grande Île de l’Océan indien est une terre d’opportunités pour qui sait s’y prendre, un far west à l’africaine.

Et vous, vous êtes-vous déjà demandé ce que vous seriez devenu si à un instant donné, vous aviez pris une autre décision ? Et que ressentez-vous en y pensant ?

Il y a aussi toutes les autres voies que je n’ai pas abordées, mais lesquelles, je l’avoue, m’ont traversées l’esprit. J’aurais pu devenir un militant politique, diriger des foules, participer à la conduite d’un pays. Cela ne m’aurait pas déplu, mais les politiciens contemporains sont avant tout des carriéristes, ayant l’intérêt du peuple (pour ceux qui en ont effectivement un…) relégué au second plan. J’aurais pu devenir un hors la loi, vivant en dehors du système, ou à son dépend, selon la manière de voir les choses. Une vie éventuellement courte mais pleinement vécue, surfant entre les bosses, les virages et les obstacles imprévues de la piste noire de l’illégalité. Mais au final, cette adrénaline et ces intrigues, je les retrouve aussi dans l’entrepreneuriat, alors autant rester dans la “légalité” et pouvoir marcher en paix dans la rue. Par moment, je me rêve aussi vivant reclus, en harmonie avec la nature, refusant le rythme de la croissance effrénée que nous impose le système capitaliste actuel. Dès l’école primaire on nous apprend à être performant, à produire et à se mesurer à son voisin. Je trouve ça dommage. Je crois que l’éducation au Japon véhicule d’autres valeurs, il faudrait qu’un jour j’en apprenne plus sur ça.

Et vous, que pensez-vous du système dans lequel nous vivons ? Auriez-vous voulu une vie radicalement différente ?

Au commencement, je voulais de l’argent. Je n’en avais pas et notre société fait la part belle à ceux qui en ont. Donc je suis tombé dans le piège : ce que je faisais devait avant tout servir à me faire gagner des francs, puis des euros, des couronnes tchèques, des ariary et plus récemment des roupies et des dollars. Et puis bien sûr il y a la peur de la situation, que j’ai malheureusement (ou pas?) déjà vécue, d’être dans le besoin. Cette peur est à double tranchant, d’un côté elle vous évite de faire n’importe quoi et de vous retrouver dans une situation difficile, de l’autre elle vous pousse à chercher des gains immédiats et à cumuler plus de ce qu’il vous en faut, au détriment à la fois d’un développement à long terme et d’autrui. Je connais des personnes dont le seul but dans leur vie professionnelle est de gagner toujours plus d’argent. J’en faisais partie. C’est triste. L’argent est passé du statut d’outil de développement à celui de fin en soi. Aujourd’hui je suis loin d’être riche, je ne suis évidemment pas millionnaire, mais je peux généralement me fournir tout ce dont j’ai besoin. Il m’arrive de déambuler dans les centres commerciaux sans croiser un seul objet que je veuille acquérir, alors que pendant mon adolescence, ces espaces étaient sources de toutes les convoitises, et je me disais “si seulement j’avais les moyens”. Aujourd’hui je les ai, mais je me rends compte que toutes ces envies sont futiles et ne font que masquer la vacuité de nos existences. Ce qui est important dans la vie est d’avoir un but, et l’argent n’est qu’un outil parmi d’autres pour l’atteindre.

Même si je pense que cela sera sujet à polémique, je vous pose quand même la question : et vous, que pensez-vous de l’argent ? À quel moment peut-on dire qu’on en a assez ? Quand peut-on dire que quelqu’un a trop d’argent ?

Toutes ces réflexions nous amènent au but dans la vie. Question difficile. Certains y ont répondu par la religion, d’autres l’ont noyée dans leur routine quotidienne. A-t-on un but dans la vie ? Si oui, quel est-il ? Une vie sans but n’est plus que de la survie, il faut un but pour réellement vivre. Après de nombreuses tribulations métaphysiques et de questions sans réponse, j’en suis néanmoins arrivé à une conclusion : à défaut de savoir si un but nous a été divinement attribué, il faut le choisir soi-même, mais attention, pas n’importe comment. Vous devez choisir un but en parfaite adéquation avec votre personnalité. Donc si vous êtes un peu perdu dans la vie et que vous ne savez pas quoi faire, commencez par apprendre à vous connaître, et cela ne se fait que par les expériences, les épreuves et les rencontres. Il est très difficile de lutter contre sa nature, alors choisissez un but qui aille dans votre sens. Mieux encore, si vous avez une passion, trouvez un but qui la fasse intervenir. Si vous choisissez un but qui ne vous correspond pas, vous serez éternellement aigri, frustré, complexé, envieux et malheureux dans la vie, peu importe combien d’argent vous pourrez gagner. Allons un peu plus loin et remarquons que notre personnalité est la résultante de plusieurs facteurs : nos gènes, les réactions chimiques de notre cerveau, notre éducation, nos expériences, notre environnement, notre entourage, notre corps, etc. Or si votre but dans la vie doit se définir en fonction de votre personnalité, il se définit finalement en fonction de ces mêmes facteurs, c’est-à-dire en deux mots “votre vie”. Il faut donc vivre pour avoir un but et avoir un but pour vivre. Donc tant que vous n’avez pas déterminé votre but dans la vie, continuez à avancer, ça viendra.

Et vous, avez-vous un but dans la vie ? Quel est-il ? Était-ce difficile de le trouver ? Ou peut-être pensez-vous qu’il n’y a pas de but dans la vie et qu’il suffit de vivre un jour après l’autre ?

Pour terminer, je vais partager avec vous le but que j’ai “choisi” pour ma vie, ce qui me fait lever le matin et me donne le courage nécessaire pour surmonter toutes les difficultés qui surgissent devant moi, ce pourquoi je continue d’avancer. Je suis un acharné du travail, depuis tout jeune. En primaire, au collège et au lycée, je prenais déjà tous les cours et toutes les activités en option : théâtre, classe européenne, grec, chinois, allemand, etc. Puis j’ai fait math sup / math spé, mon cerveau n’a jamais été autant sollicité. À vrai dire, je ne considère même pas que je travaille. J’utilise ce terme lorsqu’on me demande ce que je fais. Mais je ne travaille pas, je fais ce que j’ai à faire et j’aime ça. Je le fais du matin au soir, du lundi au dimanche, et même aujourd’hui, lundi de Pâques. J’utilise le mot “travail” car ces activités me permettent de gagner ma vie. Donc déjà tout ce qui est but du type “prendre une retraite anticipée et faire des croisières” ou “travailler moins pour m’occuper d’une famille”, c’est mort. Je suis un leader et je suis collectif, donc il me faut un but qui fasse intervenir une équipe, je ne veux pas redevenir un “indépendant hédoniste”, même si des fois l’envie de tout claquer et retourner dans mon duplex à Prague peut refaire surface :-p. J’aime créer des entreprises, imaginer de nouveaux produits, comprendre et résoudre les besoins de mes clients, trouver des solutions aux problèmes les plus inattendus, créer des entités qui un jour peuvent fonctionner sans moi, pour qu’elles puissent me survivre. Je pense qu’il est très important de partager dans la vie et aider autrui est déjà un grand accomplissement en soi. C’est pourquoi j’avais lancé https://stileex.xyz en février 2015. C’était juste un blog pour partager mes techniques de vente avec quiconque en aurait besoin, sans rien demander en contrepartie, pour aider. Et aujourd’hui c’est toute une équipe qui m’accompagne dans cet objectif : partager nos passions avec nos lecteurs et les aider à atteindre leurs objectifs. Je partage des cours de mathématiques et je souhaite reprendre la recherche mathématique. Régulièrement je fais ce rêve où je suis encore dans la filière, comme si je devais encore y achever quelque chose. Peut-être découvrirai-je un jour un théorème important ! Qui sait.

Malgré tout ce qui peut arriver, je continuerai à créer des activités, à avoir un impact sur mon environnement et à mener mes camarades qui souhaitent me suivre, je ne les abandonnerai jamais. Je souhaite que mes créations me survivent. C’est le but de ma vie. https://stileex.xyz en sera le fil d’Ariane.

Mon but dans la vie
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