Ma chère Tana par Randriambololona Marosoa (candidat #8)

Dimanche matin, le soleil est déjà dans les cieux
Une journée d’octobre, le mois du flamboyant bleu
Un soupçon de nostalgie sur un air de gaieté, de simplicité
Quand dame pluie apporte sa douceur, sans nous épier
Une odeur apaisante se dégage, mêlant terre humectée et fleurs de jacaranda
Je traverse l’allée, vérifie ma montre, déjà 6h43

Et comme à chaque fois, moults sentiments se greffent à mes pensées
Cette odeur rappelle des flashs de nos années remplies de légèreté
Une sensation familière qui s’emplit de moi,
Mais restant indéfinissable et lointaine à la fois
Réminiscences…
Celle de mon enfance, de ces matins d’été chez mes grands parents
De mon adolescence, dans notre maison de campagne, nos chers moments
Quand le soleil dorait nos peaux avec sa lumière
Quand il s’alliait au vent pour effleurer les rizières
Cette heure où on vivait nos premiers émois
Et puis cette pluie qui ruisselait sous nos pas

Quand on rentrait sous les légères lumières de la ville
Où on évitait les flaques et la boue d’une démarche habile.
Ces moments où on esquissait plus facilement les sourires
Que ce matin d’octobre a ravivé du fond de nos souvenirs

J’en ai failli oublier la raison de ma venue ce jour-ci
Celui de faire mon choix parmi cet éventail de fruit
Ces vives couleurs ont eu don de m’émerveiller
Des contrées de notre région, ils viennent d’arriver

Autour de moi, les rues fourmillent déjà de passants
Arpentant les travées du marché, entre les étals des marchands
Des joutes pécuniaires semblent se jouer au loin
Longues argumentations pour persuader le boucher de gagner moins
D’où je suis, on ne saurait discerner ce qu’ils se disent
Mon regard n’est que vagabond, sans idée précise

Mine de rien, me voilà déjà sur le chemin du retour
Quelques curieux s’amassant autour d’un prestidigitateur jouant un tour
Dans son chapeau, dit-il se cache un serpent, sous son mouchoir de velours
Et de fil en aiguille, la masse s’épaissit, les spectateurs accourent
Plus loin, je vis des enfants s’époumoner, chantant à tue tête
Je ne vois ni célébration ardue, ni une quelconque fête
Pourtant, ces voix cristallines mériteraient qu’une foule s’y apprête
Hélas, le talent de ces minots remplit à peine les assiettes.

Les églises se vident, les talons claquent le sol et les parfums se propagent
De la joie, de la satisfaction et un peu de fatigue se lisent sur les visages.
Rentrant, sous le son du clocher, retentissant comme une musique de fond
Quelques petits cris, petit bouts de rires au loin, sûrement des enfants.

Et ainsi au bout de la rue j’arrivas chez moi.
Se perchant sur le balcon pour admirer la ville une nouvelle fois.
Qu’est-ce qu’elle m’avait manqué ! Ma chère Tana !

5 Commentaires

  1. Avatar KANTONOMENA FIEZAHANA RAKOTONDRABE

    Waoohh!!! Bravo Marosoa

    • alleeez Marosoa!!!

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