« Angano angano, arira arira », si vous êtes Malgache, vous aurez déjà sûrement entendu cette phrase. Quand nous étions enfants, (à défaut de légendes urbaines xD), nos grands parents nous racontaient toujours de bonnes histoires fascinantes : des contes malgaches.

C’est vraiment une fierté de savoir que nos ancêtres avaient une sagesse incomparable, au point d’éduquer leurs enfants par de contes aussi intéressants et imbibés de morale ! Pour ma part, le conte qui m’a le plus marqué c’est « ifaramalemy sy Ikotobekibo » . Et d’ailleurs, je remercie @vony de l’avoir résumé en quelques lignes en nous faisant part de la moralité de ce conte également :).

Parmi les contes malgaches, lesquels préférez-vous ?
Parmi les contes malgaches, lesquels préférez-vous ?

« Ce que j’ai retenu de « Ifaramalemy et Ikotobekibo » dans « Talaky mandeha », c’est surtout que la grande sœur, déjà en situation de handicap, est d’une patiente angélique, à côté du grassouillet petit frère égoïste, sans parler de leurs parents impitoyables qui les ont rejettés.
Dans leur combat de survie, Ifaramalemy a toujours partagé tout ce qu’elle a pu trouver comme nourriture. L’autre, déjà avec son gros ventre surdimensionné se vantait de ses talents de chasseur amateur, et se goinfrait tout seul. Et quand Ifaramalemy a trouvé le repère de Trimobe, elle n’a pas hésité à informer son frère du plan d’attaque pour s’emparer du butin du mangeur d’hommes. Je me suis toujours demandé pourquoi Trimobe avait une tonne de réserves de denrées alimentaires, alors qu’avec son « maimbo olombelona », il est censé bouffer de la chaire humaine, ou j’ai mal compris. Peut-être qu’il gavait d’abord ses pauvres proies pour qu’elles soient bien dodues. Enfin bref, Trimobe est mort, ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps, c’est tout ce qui compte.
 » Vony Ramamonjisoa

Et vous, quels contes vous ont marqué le plus ? Racontez-le nous !

7 Commentaires

  1. Il était une fois un scorpion qui voulait aller de l’autre côté de la rivière. Le hic c’est qu’il ne savait pas nager. Pour l’aider à traverser, il demanda à une grenouille qui passait par là de le porter sur son dos. La grenouille se méfiait de peur d’être piquée pendant le voyage. « Pourquoi te nuirais-je alors que j’ai besoin de toi ! » répliqua le scorpion. La grenouille, prise d’un élan de confiance accepta. Pourtant à mi-chemin de la rivière le scorpion piqua la grenouille avec son dard, ce qui les fit couler tous les deux. La grenouille dans son dernier soupir demanda au scorpion : « Pourquoi ? ». Ce à quoi le scorpion rétorqua : « C’est plus fort que moi, c’est dans ma nature ». Quoi qu’il en soit les deux compères périrent dans cette mésaventure.

    La morale de l’histoire est que malgré nos bonnes intentions (remarque l’enfer est pavé de bonnes intentions) on ne peut lutter contre notre vraie nature.

    • Salut Anthony,
      Merci pour cette petite fable que j’ai beaucoup appréciée.
      C’est un conte malgache ?

  2. Sitraka Andrianivoson Sitraka Andrianivoson

    « Goa sy Kepeke », un conte atandroy

    Goa est un homme fort, tout en muscle pourtant il a un handicap : il est aveugle. Un jour, il tomba sur Kepeke, un homme d’une intelligence sans pareil mais invalide. Ils s’entendirent dès leur premier contact. Ils trouvèrent un accord : Goa allait porter Kepeke sur son dos tandis que Kepeke lui montre le chemin. Pour se nourrir, ils décidèrent de voler des épis de maïs mais furent dénoncés au propriétaire du champ.
    – « Comment aurais-je pu voir ce champ », clama Goa
    – « Que je sois maudit si j’ai touché un seul de ces épis, et damné si mes pieds ont foulé ce champ », ajouta Kepeke.
    Ils furent alors relâchés.

    Une fois libérés, ils se mirent à errer à droite et à gauche. C’est là qu’ils rencontrèrent une vache sauvage. Ils s’approchèrent d’elle, Kepeke porté dans le dos de Goa qui marchait.

    Kepeke caressa la vache sur le ventre, près de sa cuisse, et celle-ci s’allongea par terre en signe de bonheur et de soumission. Kepeke l’attacha avec une bonne corde de fibres et l’emmena avec eux.

    Ils se congratulèrent de bonheur, car ils étaient devenus riches.

    Un peu plus tard, Kepeke vit que la vache attendait un petit, et il décida de tromper Goa.

    « Laisse cette vache pour moi », lui dit-il, « quand on en verra une autre, elle sera pour toi. »

    « C’est hors de question », lui répondit Goa, « la vache m’appartient, car si je ne t’avais porté sur mon dos, même si tu l’avais vue, tu n’aurais pu l’avoir. »

    « La vache m’appartient, car je fus le premier à l’avoir aperçue » répliqua Kepeke.

    De nouveau, ils durent appeler un juge.

    La foule et le juge se rassemblèrent.

    « Entendez-vous », dit le juge. Cette vache attend un petit. C’est votre bien commun. Attendons qu’elle vêle. Peut-être aura-t-elle des jumeaux, comme cela vous en aurez un chacun. Ou alors, l’un d’entre vous aura le premier veau né et l’autre le suivant. »

    « Le premier né des veaux sera pour moi », dit Kepeke avec empressement.

    « C’est hors de question », répliqua Goa, « le deuxième sera le tien. »

    Le juge essaya de calmer leur bagarre, mais aucun des deux ne voulut céder.

    Goa tenta de jeter Kepeke par terre, mais celui-ci s’accrocha de toutes ses forces au dos de son porteur.

    Quelles ne furent les exclamations de la foule en les voyant!

    « Dans ce cas, puisque vous êtes incapables de vous entendre, c’est ce javelot aux deux bouts pointus qui déterminera qui sera le vainqueur. Vous prendrez le bout le plus proche de vous et vous essayerez de percer votre adversaire. Celui qui en sortira vivant sera le vainqueur.

    « Eh, dit Goa, je suis aveugle, il va me tuer »

    « Moi, je suis invalide dit Kepeke, je ne pourrais rien faire contre sa force, j’ai perdu d’avance. »

    « Puisque vous ne pouvez-vous entendre, la vache deviendra donc la propriété du village » décida le juge.

    La foule s’exclama de joie, et les deux lascars se mirent à avoir peur.

    « La vache nous appartient » dirent-ils ensemble tous les deux.

    « Dans ce cas, entendez-vous », répondit le juge.

    « Mais pourquoi nous disputons-nous, » reprit Goa. » Je suis aveugle et j’ai besoin de toi pour guider ma route »

    « C’est vrai », lui répondit Kepeke. « Tandis que moi, je suis invalide et j’ai besoin que tu me portes sur le dos. »

    Les deux hommes se serrèrent la main et jurèrent de s’aimer et de s’entraider, car ils ne pouvaient s’en sortir seuls.

    J’ai trouvé ce conte si beau xD.

  3. Fenosoa Hanitriniala Fenosoa Hanitriniala

    Je ne me souviens que de Trimobe et Faramalemy, et Ikotofetsy sy Imakaha… le petit poucet en version malgache aussi :P.

  4. Sitraka Andrianivoson Sitraka Andrianivoson

    « Izy telo mirahavavy nanambady fosa » , je l’ai récemment lu, il apprend à ne pas trop s’attacher à la beauté extérieure ni à faire la difficile.

  5. « Ifaramalemy sy Ikotobekibo » aussi pour moi !

  6. Vony Ramamonjisoa Vony Ramamonjisoa

    « Trimobe » m’a vraiment fait peur quand j’étais enfant. Les autres contes tels que « Ny kary sy ny akoholahy », « Ny bibilava sy ny sahona », « Ny alika sy ny voalavo » « Ny fosa tapa-drambo » … étaient plutôt instructifs, mais j’avoue que n’ai pas du tout saisi la morale de chaque histoire, sans doute parce que je me moquait seulement de celui qui s’est fait bouffer.

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