11/12/2017. Les Nations Unies ont fait du 9 décembre la journée internationale de lutte contre la corruption. Dans ce domaine Madagascar fait partie de la liste, peu envieuse, des pays les plus touchés par ce fléau.

Comme tous les ans, le Secrétaire général des Nations Unies, a adressé un nouveau message demandant aux états de mettre fin à la corruption. Le détournement des ressources nationales et étrangères, qui alimentent les réseaux de la corruption, anéantit les progrès accomplis sur les plans économique et social tout en accentuant la pauvreté.

Le Bianco dans la lutte anti-corruption

Le Bianco (Bureau indépendant anti-corruption de Madagascar) a 13 ans. Créé en 2004, il a été confronté cette année avec un scandale d’Etat qui a mis en cause un proche du Président. Claudine Razaimamonjy, conseillère du chef de l’État et femme d’affaire, a été compromise dans une enquête relative à des suspicions d’attributions douteuses de marchés publics.

Le bureau anti-corruption de Madagascara 13 ans
Le bureau anti-corruption de Madagascara 13 ans

Pour Brice Lejamble, le directeur du Comité de sauvegarde de l’intégrité, cette affaire restera un marqueur de la vie politique et de celle de la justice à Madagascar : « il y aura un avant et un après Claudine ».

Dans le pays, la corruption ruisselle à tous les niveaux des strates sociales. Elle est partout. En 2016, près de 860 cas de corruption ont été pointés par le Bianco. Ces signalements ont concerné à :

  • 27,2 % les collectivités territoriales
  • 24,7 % les forces de l’ordre
  • 12,8 % l’éducation
  • 10,7 % les Ressources naturelles
  • 6 % la Justice
  • 5,7 % l’Etat
  • et 2,1 % le Secteur privé

Le Directeur du Bianco, Jean-Louis Andriamifidy est conscient que le changement des mentalités demeure un horizon lointain. Pour lui, « le chemin pour arriver à l’objectif du plan national pour la période 2015-2019 est encore long, malgré les résultats obtenus, notamment au niveau du cadre juridique ».

Selon lui, le Bianco va multiplier, en 2018, les séances de vulgarisation et de sensibilisation au niveau de chaque administration publique. Dans sa démarche, le Bianco est accompagné par le Pnud. L’adjointe de la Représentante Résidente, Marie Dimond veut rester toutefois optimiste. Madagascar ne part pas de rien dans sa lutte contre la corruption : « ce qui est important, c’est d’instaurer – au niveau des organisations – cela peut-être les ministères et le secteur privé, une politique de tolérance zéro« .

En attendant, la corruption, en Afrique (transferts de fonds illicites, fuites de capitaux, fonds détournés), représente 400 milliards de dollars selon la Banque mondiale.

TsyCoolkoly, le projet anti-corruption

A Madagascar, le projet TsyCoolkoly participe à la lutte contre la corruption. Il encourage les dénonciations dans les situations vécues au quotidien. A ce titre, TCK a publié les résultats des témoignages qu’il a reçus.

TCK, le porte voix des anti-corruption de Madagascar
TCK, le porte voix des anti-corruption de Madagascar

Les plus importants ont concerné la capitale. Sur 300 pots de vin déclarés et avérés, l’organisation a enregistré un peu moins de la moitié de refus d’y satisfaire et recensé une cinquantaine d’agents qui s’y sont opposés. Le montant relatif à ces corruptions ont représenté plus de 200.000.000 d’ariary.

Toujours dans la collecte de ses information, TCK a établi le classement des secteurs les plus exposés à la corruption. Vient en tête de son palmarès l’éducation, avec 120 pots de vin pour un montant de 32.000.000 d’ariary.

Puis vient la police et une centaine de cas dénoncés pour un montant de 16.000.000, la gendarmerie avec 70 mises en causes. Arrivent  ensuite les services administratifs divers et les transports.

Le tableau qu’a établi TCK, met également l’accent sur le niveau de corruption qui atteint la justice et les entreprises publiques. Ces deux domaines qui paradoxalement, n’enregistrent pas le plus grand nombre de cas, représentent les montants de corruption les plus élevés. Ainsi, la justice atteint près de 87.000.000 d’ariary et les entreprises publiques près de 140.000.000.

Les formes de corruption les plus répandues

Transaction avec des billets
Transaction avec des billets
  • Pots de vin : Ce sont les sommes d’argent proposées ou demandées pour obtenir l’avantage d’un service
  • Commission occultes : Sommes d’argents versées pour obtenir l’adjudication d’un marché
  • Cadeaux : Soit en argent ou autres formes pour profiter de la bienveillance d’une personne d’une entreprise, ou d’un service
  • Prélèvements : Les taxes illicites prélevées sans aucun droit
  • Conflits d’intérêts : Les conflits d’intérêts apparaissent dans une, ou des situations, dans laquelle quelqu’un ou une organisation est soumise à des intérêts multiples du fait des fonctions ou des responsabilités occupées dans une institution publique, dans une entreprise ou une association
  • Fraude : Taxes illégales imposées et prélevées par des agents de l’administration, au profit d’un corrupteur ou plusieurs, pour obtenir le bénéfice d’un service
  • Népotisme : Le choix de faire passer les intérêts de sa famille avant les autres, notamment dans le domaine des recrutements
  • Collusion : Arrangement entre deux parties ou plus, pour tromper un processus de négociation
  • Détournement : Vol des ressources au détriment d’une organisation, ou d’une personne privée
  • Blanchiment d’argent : Action de laver l’argent sale provenant de ressources illégales

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