Ce texte est candidat au concours littéraire La Plume Stileex
Thème 2018 : La Beauté de Tana
Les œuvres présentées et publiées sur le site dans le cadre du concours littéraire La Plume Stileex sont le travail de personnes extérieures à l'équipe éditoriale. En conséquence, les avis, jugements et points de vue présentés dans chacune d'elles n'engagent que leurs auteurs respectifs et ne reflètent en aucun cas ceux de la Revue Stileex. Également, dans un souci d'équité et surtout pour ne pas dénaturer le travail des candidats, nous n'avons pas corrigé les textes et les présentons donc tel que nous les avons reçus.
Vous pouvez noter cette œuvre en bas de page. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 18/11/2018. En savoir plus sur le concours La Plume Stileex 2018
Sponsors La Plume Stileex
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Comme un trésor caché, elle n’apparaît pas au premier abord. Seul les curieux et les très grands chanceux auront l’occasion d’admirer Tana dans sa plus belle robe d’apparat.

Capitale de Madagascar, Antananarivo excelle par la diversité des lieux insolites et des populations qu’on y rencontre.

Toute l’histoire du pays le palais de la reine de Manjakamiadana, les musées, les bâtiments de l’ère coloniale et les maisons traditionnelles le rappellent. Le centre ville à Analakely a vu passé les révolutions mais comme si de rien n’était des commerçants vendent et pullulent sous les arcades. Actifs, bavards et débrouillards ces vendeurs passe partout représentent assez bien cette capacité qu’ont les malgaches de recycler, d’utiliser toutes sortes de matériaux pour leur donner une seconde vie. Envers et contre tout problème politique et économique, la vie continue.

On voit des marchands nettoyer des bouteilles vides et tout autre bocal pour les préparer à la vente. Des réparateurs de téléphones ou d’autres appareils électroniques ou encore des pièces détachées abondent à chaque coin de rue. Il faut comprendre, pas question de jeter ces objets si précieux comme ce bon vieux téléphone portable sous prétexte que son écran est cassé. De même pour ce bon vieux frigidaire, cette télévision familiale… On arrange les dégâts !

Ici tout se bricole. La mode se recycle et l’ingéniosité est au rendez-vous. L’artisanat le reflète joliment. Un pneu devient des sandales très prisées du grand public, en particulier des travailleurs. Des boucles d’oreilles fait de papier usé, puis peint avec une coloration artisanale ou vernis ou tout autre colorant chiné à gauche et à droite se font une place au marché. Si dans leur première intention ces tananariviens ont utilisés ces matériaux par faute de moyens et pour subvenir à leurs besoins, ils méritent amplement le titre d’ « écolo-artiste »pour leur créativité.

D’autres métiers insolites se dévoilent au milieu de ce qui ressemble à un immense labyrinthe … Installés sur une petite étale ou à l’arrière d’une voiture, de petites boîtes ou des bouteilles jalonnés d’affiches essayent d’attirer les passants. Ce sont les marchands de baumes qui soignent toutes sortes de maladies. Faites principalement à partir de plantes locales, ils rappellent la richesse de la flore malgache.De même un vendeur de décoction à base d’herbe passe. Amer mais réputés pour leurs propriétés thérapeutiques, ces boissons ont du succès auprès de la population. De l’autre côté de la rue, des marchands ambulants transportent des fruits. Un client semble intéressé et les interpellent. Place au marchandage. Le rituel commence : chaque partie campe et au final un terrain d’entente est trouvé ; chacun est heureux.

Parfois on se pose la question qu’est ce qui fait attrouper tant de monde autour de ce petit kiosque : c’est ce rituel du matin. Les riverains achètent du Mofogasy ou « pain malgache », dite pour le thé ou encore Menakely pour « petit rouge » ce beignet local tant apprécié… Puis viendra le rituel de midi autour des « Zaimaika » ou « Looks » pour ces gargotes typiquement malgaches… Puis le rituel d’écoute du théâtre radiophonique… Puis le rituel du soir…

Il reste encore tant à raconter, mais toute cette magie ne serait dévoilée qu’aux plus grands analystes… La force et la beauté de Tanà réside dans cette capacité qu’ont ces résidents à se débrouiller en toutes circonstances et à apprécier la vie malgré les coups durs, envers et contre tout.

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Princy
Invité
Princy

J’apprécie particulièrement la manière de mettre en lien le système D de la survie et l’écologie, bien trouvé le terme « écolo-artiste », de même pour la mise en valeur de la richesse de la flore malgache là où d’autres se seraient contentés de crier au scandale face à la médecine traditionnelle… Bravo pour cet oeuvre et j’espère que tu iras très loin, tu as une belle plume :)

Mialy
Invité
Mialy

Merci Princy, cela me touche :)

Voary
Invité
Voary

Très joliment écrit, maintenant je verrai Tanà différemment et je vais rejoindre les plus grands analystes pour l’apprécier encore plus 😉

Mialy
Invité
Mialy

Super que ce texte ait un si bel impact sur toi ! Merci