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28/04/2018. Il y a quelques semaines de cela, Simon m’avait parlé d’une école associative à Madagascar, Antananarivo. Il s’agit de l’école L’ile aux enfants dirigé par Eric Hanrion (Rico pour les intimes). Poussée par ma curiosité, je prends rendez-vous avec ce dernier. L’endroit est tout simplement incroyable. Il est vraiment possible de réaliser de grandes choses quand on a la volonté, le sens de l’initiative, de la persévérance et la passion pour ce que l’on fait.

Le mot de Stileex pour L’île aux enfants

L’article que vous allez lire à été rédigé par ma collaboratrice Dinah. Mais j’aimerais juste prendre la parole directement le temps d’un paragraphe. À Madagascar, je connais pas mal d’opportunistes qui tirent profit de ce que j’appelle “le business de l’humanitaire“. J’ai rencontré Eric Hanrion il y a 6 ans. À l’époque, son école n’était même pas encore ouverte. Mais déjà il en parlait avec verve et passion. Cependant une partie de moi était resté sceptique. Voulait-il vraiment aider les enfants ou cherchait-il son propre intérêt comme tant d’autres ? Les années passèrent, et nous nous perdîmes de vue. Jusqu’à il y a environ 1 an. Et là, j’ai été subjugué. Non seulement son école avait pris vie, mais en plus elle ne cesse encore de s’agrandir et d’évoluer ! Eric, alias Rico, est un vrai, comme il n’en existe que trop peu. Ce qu’il a fait est tout simplement extraordinaire, tout aussi puissant, mais malheureusement bien moins médiatisé, qu’une réussite entrepreneuriale d’envergure. Rico est passionné par son école et par son envie incommensurable d’aider les enfants à Madagascar, sinon il n’aurait jamais pu créer ce coin de paradis en plein milieu de la misère et de la détresse. Chers lecteurs, je vous souhaite une bonne découverte de L’île aux enfants avec votre guide Dinah !

Des enfants comme les autres ou presque…

Quand j’avais pris rendez-vous avec Eric, il s’était proposé de venir me chercher. Heureusement qu’il l’avait fait parce que pour y aller, il fallait emprunter des ruelles et s’aventurer sur des passerelles en bois mal entretenues. Il me confie alors qu’à son arrivée, c’était encore pire que cela et que les passerelles sur lesquelles nous marchions étaient un projet financé par des mécènes qu’il avait contactés. Le but était de permettre aux enfants d’accéder plus facilement à l’école associative et de fluidifier la circulation.

Passerelles pour accéder à l'école associative L'île aux enfants
Passerelles pour accéder à l’école associative L’île aux enfants

A mesure où nous avançons, j’étais de plus en plus sceptique. Nous étions littéralement au milieu des marécages et des jacinthes d’eau. J’étais vraiment soulagée quand nous étions à nouveau sur la terre ferme. Encore quelques mètres et nous arrivons devant un grand portail rouge qui donne sur un endroit dont je n’aurais même pas soupçonné l’existence. Le contraste était saisissant entre les maisons en bois délabrées que nous venons de visiter et le calme, l’espace et la propreté de l’école que je vais découvrir.

Nous arrivons directement sur une grande cour. Il y a à ma droite, des carrés de potager en préparation et à ma gauche des enfants qui chantent et qui rient avec une maîtresse. Au premier abord, rien pour les différencier des autres enfants. Ils étaient joyeux, s’amusaient et ensemble saluaient à l’unisson mon guide et moi.

Une classe de l'école associative L'île aux enfants
Une classe de l’école associative L’île aux enfants

Je me suis alors demandée : “A part ce cadre magnifique, je ne vois rien de particulier.” Tout semblait normal jusqu’à ce qu’Eric me dit que ces élèves en réalité étaient les enfants de gens qui viennent de La Réunion Kely et d’autres zones mal famées du quartier Anosibe Ivolaniray, Madagascar. Je l’avoue, j’étais un peu choquée. il m’avait ensuite un peu parlé de l’état actuel du quartier d’Anosibe, Madagascar. À la fin, j’avais compris que ces enfants ont vraiment beaucoup de chances.

Pourquoi une école associative à Madagascar, Anosibe ?

Eric m’a donné deux raisons principales à cela. Tout d’abord, le terrain était déjà disponible à Anosibe grâce à la générosité de l’un de ses amis malagasy. Il avait fait sa connaissance quand il travaillait en tant qu’instituteur à Mayotte. Quand Eric arrive à Madagascar pour être encadreur pédagogique, il confia à son ami son envie d’ouvrir une école associative. Ce dernier lui raconte que son père avait eu les mêmes intentions, mais qu’il n’a pas été achevé. Il ne restait plus qu’à reprendre en main le site.

Une élève de l'école associative L'île aux enfants
Une élève de l’école associative L’île aux enfants

Deuxièmement, Anosibe est l’un des quartiers d’Antananarivo qui a le plus besoin d’école à vocation sociale. C’est l’un des endroits les plus pauvres d’Antananarivo. C’est assez troublant dans la mesure où il s’agit aussi d’un centre névralgique de la capitale. Le marché d’Anosibe est l’un des plus grands marchés de Madagascar. Malheureusement, les sommes colossales qui y sont générées quotidiennement ne font que transiter. Le quartier en bénéficie très peu. En parallèle, il favorise de petits métiers comme les métiers de porteur, de manutentionnaire, de chercheurs d’eau…

Paradoxalement, c’est ce grand marché qui entretient la précarité et la misère dans le quartier. Au fur et à mesure où il se développe, les petites constructions sauvages qui pullulent autour du marché prolifèrent également tel un cancer. Les habitants n’hésitent pas à construire sans aucune autorisation, au milieu des marécages, des petites maisonnettes en bois. S’il n’y a pas de terre ferme, ils construisent sur des pilotis. Il est clair que les possibilités de mettre en place une infrastructure sanitaire correcte est difficile. Idem en ce qui concerne l’accès à l’eau potable et à l’électricité.

Quant à la scolarité plus précisément, à Anosibe, il n’y a qu’une école primaire publique pour près de 13 000 habitants. Le taux de décrochage scolaire est de 68 % et 65 % des moins de 12 ans ne vont pas à l’école.

Des infrastructures complètes

Tout en me racontant l’historique de l’école associative et quelques anecdotes, Eric me fait faire une visite complète de son établissement scolaire. La première classe que nous avons visitée était la maternelle. Elle a été ouverte en 2017. Je suis tombée sur des élèves souriants qui évoluent dans des pièces colorées, conviviales et chaleureuses…

En les voyant ainsi, difficile de croire que la nuit, ils dorment par terre ou dans des maisons faites de sachets et de cartons. C’est avec un grand plaisir et de jolies petites dents toutes propres qu’ils se sont tous levés pour nous saluer. Ils ont de quoi être fiers de leurs sourires grâce au programme Un sourire sans carie mis en place par l’école associative.

Juste à côté de l’entrée sont alignées des dizaines de petites tasses bleues dans lesquelles sont rangées des brosses à dents. On m’explique que chaque mois, les parents doivent verser à l’école, 1000 Ar pour contribuer à l’hygiène des enfants (dentifrice et savon). Pour le reste, tant que les enfants sont à l’école associative, ils sont entièrement pris en charge.

Un tableau de l'école associative L'île aux enfants
Un tableau de l’école associative L’île aux enfants

Nous avons par la suite fait le tour de quelques classes pour voir un peu ce que faisaient les élèves. Je n’ai vraiment rien à redire. A les voir ainsi, j’ai du mal à croire que ces enfants vivent probablement dans des endroits insalubres et peu accueillants. En chemin, Eric m’explique un peu comment se décide l’ouverture d’une nouvelle salle de classe pendant que nous passons devant d’innombrables pots de fleurs et de plantes de toute sorte aux parfums enivrants. Il y a même un endroit qui s’appelle “Le mur aux mille parfums” longé par différentes plantes aromatiques.

J’apprends que la plupart des plantes sont utilisées en cuisine. Nous y faisons d’ailleurs un tour avant de nous rendre à la cantine. Nous terminons finalement notre course à l’infirmerie, un endroit très accueillant et parfait pour mettre en confiance les enfants.

Les prise en charge offertes par l’école associative

Le projet Un sourire sans carie est juste une partie de tout ce que l’école L’île aux enfants a à offrir à ses élèves aux quotidiens.

En ce qui concerne les équipements scolaires par exemple, absolument tout est fourni par l’école associative. Les livres scolaires aussi sont disponibles sur place ainsi que tous les équipements pour réaliser les travaux pratiques et les activités extrascolaires comme le sport et le jardinage.

L’école a également mis en place un programme de soutien pour ceux qui ont du mal à suivre leurs camarades et éviter ainsi, du moins autant que possible, les redoublements et les décrochages scolaires.

C’est important qu’un enfant mange à sa faim pour qu’il puisse se concentrer sur ses études. Il est probable aussi que vu la situation de leurs parents, très peu d’entre eux ont droit à trois repas par jour. Voilà pourquoi on y trouve une école associative et une cantine. Le petit déjeuner ainsi que le déjeuner sont offerts à tous les enfants qui y sont scolarisés. Les primaires n’ont pas classe les après-midi, mais ils déjeunent d’abord avant de rentrer chez eux.

La cantine de l'école associative L'île aux enfants
La cantine de l’école associative L’île aux enfants

La distribution de vêtements pour les enfants aussi est au programme. Dans chaque classe se trouve un placard où chaque élève a droit à un petit casier où sont rangés des vêtements propres.

L’infirmerie permet de soigner les maux physiques, mais également un espace où l’enfant peut parler ouvertement de tout ce qui le tourmente. En plus de soigner les petites blessures, l’infirmerie fait aussi office de relais pour les cas les plus graves. Elle aide par exemple les parents à s’orienter vers tels hôpitaux ou tels organismes caritatifs qui seront plus à même de les prendre en charge.

Le but n’est pas simplement de soigner les enfants, mais surtout de les garder en bonne santé. C’est pour cela que des visites médicales sont programmées tout au long de l’année scolaire pour permettre un bon suivi et pour éviter d’éventuelles maladies ou complications.

Plus qu’une école associative

L’école associative ne travaille pas qu’avec les enfants qui y sont scolarisés. Les parents sont également mis à contribution. Bien qu’ils ne payent pas grand-chose au finale, il est tout de même important qu’ils s’impliquent dans la vie scolaire de leurs enfants. L’objectif est de les responsabiliser. Ils doivent par exemple faire le ménage à l’école les vendredis après-midi. Ils doivent aussi participer à quelques petits travaux à l’école associative. Il existe des travaux pratiques qui requièrent leurs présences comme par exemple la mise en place des potagers.

Le potager de l'école associative L'île aux enfants
Le potager de l’école associative L’île aux enfants

Le directeur espère également que dans un futur proche, il pourra ouvrir un atelier de formation pour les parents. Ainsi, ils auront plus de chances de trouver un meilleur emploi pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Un projet d’internat pour les élèves, surtout pour les jeunes filles, est en préparation. Il est clair que dans ce quartier défavorisé, elles sont plus vulnérables surtout en ce qui concerne les risques de viols ou de prostitutions.

Pour les élèves plus grands, l’école associative monte d’un cran en 2017 en ouvrant deux classes de 6ème. Cette décision a été prise après l’excellent résultat qu’elle a eu lors du CEPE de la même année. 75 % des élèves ont obtenu leurs certificats d’études, ce qui est bien au dessus de la moyenne du quartier. À ce rythme, Eric est très confiant sur l’ouverture d’un lycée d’ici quelques années.

Il est bien de signaler qu’actuellement, l’école compte 10 salles de classe pour 210 élèves. Et pour qu’une nouvelle salle de classe soit ouverte, il faut obligatoirement :

  • qu’il y ait autant de filles que de garçons,
  • que l’élève soit âgé au moins de 5 ans,
  • que les parents acceptent de payer les 1000 Ar par mois,
  • qu’ils acceptent aussi de faire le ménage tous les vendredis et de réaliser des travaux en donnant de leur temps si c’est nécessaire.

En dehors des murs de l’école, il y a aussi des actions concrètes envers la population du quartier. Je  vous ai déjà parlé un peu plus haut des passerelles qui est une excellente initiative. Malheureusement, le fokontany n’a pas jugé bon de les entretenir. L’école associative distribue également des vêtements aux gens du quartier et organise des ateliers de sensibilisation en rapport avec la santé, l’assainissement et le monde éducatif. Il sert aussi de relais pour des enfants malades qui ne sont pas scolarisés à L’île aux enfants. Un autre exemple concret, l’école associative a dernièrement distribué des vêtements et des jouets à l’hôpital de Tsaralalana avec des membres de la Table Ronde (dont Stileex) comme le montre son actualité dans les réseaux sociaux.

Des partenaires dévoués

Vous avez sans doute compris, ce n’est pas les 1000 Ar que les parents versent chaque mois qui pemettent à L’Ile aux enfants de concrétiser tous ces projets. En ce moment, l’établissement scolaire subsiste essentiellement grâce à trois types de financements.

Il y a ceux qu’elle obtient grâce aux appels à projets lancés par des organismes étatiques ou des bailleurs de fonds. Il y a aussi les financements apportés par divers partenaires comme des fondations, des associations et des entreprises locales. Enfin, il y a les fonds apportés par les parrains de chaque enfant.

L'administration de l'école associative à Madagascar L'île aux enfants
L’administration de l’école associative à Madagascar L’île aux enfants

Je profite de cet article pour sensibiliser tous ceux qui ont envie d’apporter leurs contributions à L’Ile aux enfants ou à tout autre établissement du même genre. Il n’est pas forcément nécessaire que ce soit des dons financiers. Il est également possible de faire des dons en nature ou donner de son temps en organisant par exemple de petits ateliers de travaux pratiques, des sorties scolaires…

A la fin de la visite, Eric m’a confié :

Contre vents et marécage, j’ai réussi à construire une école

Eric Hanrion, directeur de l'école associative L'île aux enfants
Eric Hanrion, directeur de l’école associative L’île aux enfants

Franchement, je ne peux que saluer tous ses efforts et son dévouement à lui et à toute son équipe.

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