Capitale de Madagascar, Antananarivo est situé sur les Hauts Plateaux au centre de l’île entre une altitude de 1 100 à 1 431 m par rapport au niveau de la mer. Une des particularités de la ville d’Antananarivo, c’est ses escaliers. On ne parle pas de ce petits escaliers qu’on trouve dans les autres villes, mais les tohatohabato de Tanà. Aujourd’hui, focus sur les escaliers d’Antananarivo.

Petite leçon d’histoire

Une petite leçon d’histoire ne fera de mal à personne :). C’est durant le règne du Roi Andrianjaka entre 1610 à 1630 que la ville reçut son nom « Cité des mille ». Ce dernier fit construire son palais de bois ou « Rova » sur la partie la plus haute de la colline qui maintenant abrite le palais royal de Manjakamiadana. Il y fit stationner son armée qui selon la légende serait environ un millier d’hommes d’où le célèbre « Ny arivo lahy tsy maty indray andro » (Milles hommes ne meurent pas en un jour). Battit sur une colline surplombant les autres collines avoisinantes et pour se défendre et envahir les autres peuplades limitrophes.

Au fil du temps, les plaines marécageuses qui entouraient la colline se transformèrent, furent habitées et devinrent aujourd’hui les quartiers populaires que nous connaissons : Mahamasina, Analakely, Ampefiloha, etc.

La ville des mille et ses tohatohabato, les marches et escaliers d’Antananarivo

Les marches qui entourent la ville sont de véritables routes dans les routes, on pourrait les qualifier d’artères. Elles raccordent la plaine et les hauteurs de la ville. Elles donnent accès à des quartiers pittoresques avec leurs architectures encore intactes comme ceux que l’on peut apercevoir dans une certaine partie de Faravohitra ou d’Andohalo. La plupart de ces escaliers sont inscrits dans le parcours de randonnée ou visite de quelques agences de voyage de la capitale.

La plus célèbre d’entre elles est sans nul doute l’escalier « Razafindrazay » ou plus connu des Tananariviens comme le « 416 », le plus long et le plus pénible. Construit en 1880 par les catholiques jésuites, cet escalier est appelé par les jeunes « Tsiafankantitra », là où les personnes âgées ne peuvent pas passer. Cet endroit est aussi devenu est terrain d’entraînement pour les sportifs en quête d’adrénaline. Il relie les hauts quartiers d’Andohalo et de Mahamasina et donne une des plus belles vues de toute la ville, avec les plaines de Bestimitatra ,le lac Anosy et les quartiers environnants et surtout le Stade municipal de Mahamasina en contrebas. Lieu privilégié des amateurs de photographies pour faire des shooting ou créer des cadres de cartes postales, ou pour des photos d’affiches publicitaires.

Pour la petite anecdote, il est conseillé de boire ou d’amener une bouteille pleine d’eau quand on veut l’escalader. Il n’y a qu’une seule petite épicerie à mi-hauteur sur tout l’escalier, pour acheter de l’eau en bouteille.

À part celui-ci ,en termes de fréquentation il y a aussi les escaliers jumeaux d’Antaninarenina et d’Ambondrona. Ces deux-là se font face et permettent de rejoindre Analakely, l’un étant à l’ouest l’autre à l’est. Ce sont a priori les plus utilisés de toute la ville, car des milliers de personnes les empruntent chaque jour pour aller travailler, étudier, faire les courses (pour les malgaches ou étrangers) ou juste pour circuler. La première est aussi appelée escalier de la Reine Ranavalona 1ère et a été construite durant son ère en 1828. De son sommet se trouve Antananinarenina, quartier administratif et bancaire, mais aussi touristique avec l’architecture emblématique de la période coloniale française du pays sur les bâtiments.

Le tohatohabato d'Antaninarenina
Le tohatohabato d’Antaninarenina

À Antaninarenina, on trouve les rues commerciales avec ses nombreuses bijouteries et les grands hôtels et restaurants d’Antananarivo à proximité comme le Louvre ou Colbert. On y trouve aussi le palais présidentiel d’Ambohitsirohitra et la célèbre statue du premier président malgache Philibert Tsiranana. En contrebas, les marches de l’escalier abritent de nombreux marchands, avec différents produits allant de chaussettes et sous-vêtements. On y voit même des boissons aromatisées avec du bois précieux (rose qui plus est) à des produits artisanaux que l’on peut voir en face du CGM ou Cercle Franco-Malagasy.

Celui d’Ambondrona qui fut construit en 1861 était depuis toujours un haut lieu pour la brocante en tout genre. Maintenant sur le long les habitations se sont multipliées et sont devenues une partie indissociable du paysage de la ville, mais en partie aussi rendue célèbre par le groupe de rock portant le même nom que l’escalier aussi durant le début des années 2000. Ces deux escaliers comptent chacun plus de 168 marches offrent un bon exercice pour une meilleure condition physique pour ceux qui doivent l’emprunter tous les jours.

Un peu plus au sud, il y a le Taveau qui relie Ambohijatovo et Faravohitra, un peu plus haut. Cette pente est vraiment très raide, ainsi depuis une bonne décennie c’est devenu un lieu d’entraînement pour les jeunes sportifs de la capitale. Mis à part ces quatre-là, il y a aussi l’escalier Ramilijaona qui connecte Imarivolanitra et Mahamasina, et celui du Prince Kamamy entre Ambanidia et le Palais de la Reine.

Il ne vous reste plus qu’à monter les marches ! Antananarivo n’est pas seulement connu pour son adage, mais aussi pour ces escaliers qui interconnectent la plaine et les hauteurs de la ville . Débouchant sur un véritable labyrinthe, ces escaliers font partie intégrante de l’authenticité de la capitale, de son charme si pittoresque qui a fait que l’on ait toujours envie de gravir les marches qu’importe son nombre .

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