Toujours dans l’optique de mobiliser les acteurs de l’écosystème Tech de Madagascar, la French Tech a organisé, le 10 Octobre 2019 à 10h chez Openflex Madagascar, une table ronde qui a regroupé plus d’une quinzaine de participants autour du thème « Contexte et Vision du numérique à Madagascar ». Qui était là ? Qu’est-ce qui s’est dit ? Autant de questions auxquelles nous allons répondre tout de suite.

Intervenants et participants

Animée par Mathilde Benramdane, la table ronde French Tech a eu comme intervenants :

  • Gil RAZAFINTSALAMA, président de l’ESTI
  • Nirina RAHOELIARIVAHY, co-fondatrice et COO chez Sayna
  • Manitra ANDRIAMITONDRA, fondateur de supermarche.mg

Nous pouvons aussi compter parmi le public un certain nombre de personnalités de l’entrepreneuriat et de la Tech notamment :

Vous pouvez donc bien imaginer que l’échange a été vif, convivial et fructueux.

Retour sur cet événement de la French Tech

Après une brève présentation de chaque intervenant, la séance est tout de suite entrée dans le cœur du sujet « le numérique à Madagascar ».

On ne pouvait pas parler du numérique à Madagascar sans évoquer ses débuts, particulièrement avec son premier salon de l’informatique en 1996, à vos calculatrices vous aviez quel âge à l’époque. Ce salon a vu l’arrivée des premiers téléphones, la première conférence sur le e-commerce ainsi que le début des travaux et réglementations sur le numérique.

Séance de questions réponses

Une série de questions données par Mathilde a permis de ressortir quelques informations et actions à étudier.

D’abord que Madagascar est souvent en avance par rapport au numérique, en matière technique, mais c’est la capitalisation qui est en retard, en effet c’est la création de la valeur ajoutée qui est lente.

Il faut donc identifier les secteurs sur lesquelles se développer et les agrandir rapidement, « Les outils sont là, l’environnement est là, il y a des choses à faire surtout sur le développement » s’exprime Gil RAZAFINTSALAMA.

Par exemple, Madagascar a le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) depuis 2014 mais son adoption ne se fait que maintenant contrairement à l’Europe qui l’a adopté depuis 2016.

Gil RAZAFINTSALAMA, président de l'ESTI
Gil RAZAFINTSALAMA, président de l’ESTI

Ensuite, une question sur le lien entre l’innovation et le numérique. Nous sommes dans une ère où s’opère une transformation sociétale selon Nirina RAHOELIARIVAHY, les gens veulent de la rapidité, de la simplicité, de l’intuitif et la technologie peut leur offrir tout cela.

L’innovation doit venir des 65 % de la population qui regroupent les jeunes de moins de 25 ans et pour les préparer, il faut investir dans trois choses :

  • une formation technique,
  • une formation sur les soft skills (compétences comportementales),
  • un mindset (formatage mental pour atteindre des objectifs) entrepreneuriale.
Nirina RAHOELIARIVAHY, co-fondatrice et COO chez Sayna
Nirina RAHOELIARIVAHY, co-fondatrice et COO chez Sayna

Enfin un rapide retour d’expérience de Manitra ANDRIAMITONDRA, qui a eu du mal à son arrivée à Madagascar. Pas de Uber, pas de paiement en ligne, c’était assez compliqué pour lui.

Au niveau pratique, Madagascar est en retard sur la technologie, c’est pour cela qu’il recommande aux entrepreneurs de la Tech de se lancer car l’environnement est vraiment propice pour eux. Pas besoin d’inventer l’idée du siècle, et de toute façon ce n’est pas les idées qui manquent à Madagascar, c’est la réalisation. Il a lancé supermarche.mg qui vend en ligne en même temps de la mode, des recharges téléphoniques, de la nourriture, bref tout, car personne ne le fait.

Manitra ANDRIAMITONDRA, fondateur de supermarche.mg
Manitra ANDRIAMITONDRA, fondateur de supermarche.mg

Séance débat

L’échange a vraiment commencé lorsque Manitra a émis l’idée, assez idéaliste, d’inciter les entrepreneurs à installer des serveurs chez les opérateurs disposant de salles blanches à Madagascar et ne plus passer par les prestataires étrangers. Les réponses ne se sont pas fait attendre, certains étaient contre, en raison de la sécurité des données, les garanties d’un backup, les certifications qui ne sont pas encore maîtrisés. D’autres étaient pour, il est vrai que cette solution accélérerait grandement les sites et applications malagasy et réduirait considérablement les charges des opérateurs.

Un public à l'écoute et qui participe
Un public à l’écoute et qui participe

Ensuite, le débat s’est enchaîné sur plusieurs axes à travailler sur le domaine du numérique :

  • la gratuité de certaines applications à Madagascar qui se répercute par la suite sur le prix de la connexion internet,
  • l’utilité de sensibiliser les usagers pour que la technologie soit un outil qui apporte de la valeur ajoutée et que le coté ludique soit exploité,
  • le problème continuel de la main d’œuvre technique à Madagascar (tout le monde s’en plaint), entre ceux qui partent à l’étranger, ceux qui sont dans le freelance, la main d’œuvre locale est insuffisante face à une demande incessante des entreprises,
  • le travail à faire pour inciter les développeurs, partis à l’étranger, à revenir à Madagascar et pour attirer des talents d’autres nationalités.

Vous avez donc pu constater que la table ronde a été très captivante, un partage de connaissance et d’expérience important qui doit continuer. Elle s’est clôturée, toujours en toute convivialité, avec une photo des participants.

Et une photo pour la fin
Et une photo pour la fin

Avec les étonnements de Manitra sur les salaires des développeurs à Madagascar, Gil qui nous raconte les petites frictions avec ses collaborateurs, vivement le prochain événement French Tech pour un échange passionnant entre les acteurs de la Tech.

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