Ce texte est candidat au concours littéraire La Plume Stileex
Thème 2018 : La Beauté de Tana
Les œuvres présentées et publiées sur le site dans le cadre du concours littéraire La Plume Stileex sont le travail de personnes extérieures à l'équipe éditoriale. En conséquence, les avis, jugements et points de vue présentés dans chacune d'elles n'engagent que leurs auteurs respectifs et ne reflètent en aucun cas ceux de la Revue Stileex. Également, dans un souci d'équité et surtout pour ne pas dénaturer le travail des candidats, nous n'avons pas corrigé les textes et les présentons donc tel que nous les avons reçus.
Vous pouvez noter cette œuvre en bas de page. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 18/11/2018. En savoir plus sur le concours La Plume Stileex 2018
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Chapitre 1 : Au début !

‐ Ahurissant !

Ce mot que je ne connaissais point m’échappa alors même que je m’approchais progressivement de ces collines ondoyantes couvertes de maisons infinies, enchevêtrées au pied de fils interminables qui sautaient de poteau en poteau.

Moi, si vil, trop ignorant pour connaître l’origine de ce monde à part, me laissai petit à petit happer dans les méandres des rues grouillantes de voitures fumantes. J’entendais bien là la même langue que celle de chez moi, mais tout semblait différent. Pourquoi donc ces gens‐là s’agglutinaient ainsi ? Où donc rangeaient‐ils leur bétail ? Leur cour était minuscule, parfois inexistante. Et lorsque je voyais de grandes maisons, elles étaient cloîtrées derrière de hautes murailles qui ne permettaient sûrement pas de saluer le voisin. Avaient‐ils donc un autre rituel pour leurs débuts de journée.

M’avançant encore plus profond dans cette cité, bringuebalant sous la bâche déchirée du 404 de mon oncle qui servait à transporter le manioc séché, je quittai pour la première fois ma campagne natale. Ses trente‐cinq cases aux toits de chaume n’avaient rien à voir avec ces immenses constructions qui alternaient avec de petites cases de briques cassées et de tôles rouillées.

Et puis j’aperçus cette colline coiffée de cette immense construction, dont le toit très pentu était surmonté du drapeau qui s’élevait également devant notre ancien bureau de circonscription. Je sentis à ce moment‐là que je tombais amoureux, tout en éprouvant un dégoût irrépressible à l’encontre de cette atmosphère frénétique insupportable. Comment pouvait‐on vivre ainsi alors même qu’on est enveloppé des courbes irrésistibles de cette ville. L’envie de se blottir entre les vallons ne pouvait être réfrénée, mais une fois dedans, la chaleur aimante qu’elle semblait promettre ne me parvint jamais jusqu’au cœur.

Ce dont j’étais sûr, c’était le fait que cette folle cité aux allures pudibondes venait de me happer. Par ses mille tentations, elle tenait à me retenir, et pourtant, ses souillures m’ont suscité un haut‐le‐cœur au premier contact. Quel était donc cet amour qui s’offrait à moi ? Cette pouilleuse savait se faire belle. Ses lambeaux scintillaient à de nombreux endroits et m’entraînèrent inexorablement dans des antres barbouillés.

Semblables à une bataille déjà perdue, mes envies de retrouver mes racines s’évanouissaient au fur et à mesure que la ville des mille, cette reine aux allures misérables, m’attirait vers elle. Par ses jeux interminables de clins d’œil et de dédain, je tombai dans un tourbillon interminable de sensations contradictoires.

Chapitre 2 : Et puis !

‐ Un peu d’argent pour manger s’il vous plaît ! Ou du travail si vous en avez !

Voilà bientôt mille jours que j’errai dans les rues sales de Tana, mille fois que je voguais de travail en travail sans trouver de quoi nourrir mon corps. Et pourtant mon cœur se repaissait encore des brasillements de ses trésors.

Je me souvins encore de ce jour où, ployant sous le poids incommensurable de mon fardeau porté depuis Andravoahangy jusqu’à Ankorondrano, je me mis à rêver de ces maisons aux mille victuailles exposées. Les hommes et les femmes qui osaient y rentrer roulaient tous dans de sublimes carrosses, bien moins nocifs que les carcasses métalliques qui nous trimballaient parfois pour aller chercher du charbon de bois. Fallait‐il être né quelque part pour pouvoir jouir de ces bouchées à l’aspect diapré. Moi qui suis peu à peu tombé dans la panade, je me mis à croire que l’entrée de ces bâtiments dont les vitres capturent le soleil me serait un jour possible.

On avait les rêves, me disait toujours un de mes congénères, pour faire concurrence aux plus nantis, ceux‐là qui avaient la chance d’oublier leur faim. Secrètement, je nourrissais ce rêve d’abandonner ma petite case en carton pour des murs biens durs, comme celles que j’avais autrefois, si mes mémoires ne me trahissaient pas. J’osais également imaginer un ventre plein une fois par jour. Comme ce fut ambitieux.

Tandis que mon dos criait contre les tortures que m’infligeaient les tonnes de marchandises que j’avais à déplacer pour me sustenter un tantinet, je ne pouvais me défaire de la passion que je portais pour cette ville qui n’était pas la mienne, mais qui me fit sienne par ce lien indéfectible qu’elle créa pernicieusement. Pourquoi lui fallait‐il mettre côte à côte la misère et l’opulence ? Et que fallait‐il pour sortir de la géhenne ? Mille conseils me parvinrent, mille tentations également qui consistait à voler le bonheur des autres. Mais je n’y prêtai pas attention, par peur peut‐être. Ou par gentillesse. Parce que oui, j’étais gentil, bien loin de la furibonderie qui animait de nombreuses gens. On me reprocha d’ailleurs ma candeur. On me dit plus d’une fois que c’était la source de mes déboires, mais je m’étais toujours dit que je ne ferais jamais partie de ceux qui oseraient planter un couteau dans la chair de la belle aux douze collines. J’étais sûrement l’un des rares à penser ainsi. Je l’aimais trop, ma cité.

Chapitre 3 : Par la suite !

‐ Qu’il est bien joli, cher Monsieur, ce miroir aux alouettes !

On me proposa un jour, alors que j’étais en train de tailler les fleurs qui ornaient le jardin d’une maison de briques rouges patinée par les décennies, un travail qui me permit de manger de la viande par mes propres moyens. Pour une fois, je n’allais pas quémander les restes que la dame qui habitait dans la rue de ma case ne pouvait pas vendre à ces noctambules gavés à l’éthanol. On me fit ramener un paquet, un tout petit que je pouvais tenir à bout de bras. On me demanda ainsi de me rendre dans un splendide immeuble en verre qui dominait un lac orné d’un ange. Le conducteur de leur rutilant carrosse était‐il peut‐être malade pour qu’on daigne me confier une tâche aussi importante, moi qui ne savais qu’enlever les mauvaises herbes quelques jours par an.

Moi, guenilleux et au verbe malhabile, mis du cœur à accomplir ma mission, celui de prononcer un seul mot à l’arrivée devant le géant de verre et de pierre. J’avais peur de me faire repousser, mais grand fut mon étonnement lorsqu’on m’emmena à l’intérieur de cette construction ogresque. On y était bien loin de mes rues jonchées de moult détritus et où il fallait se jouer des coudes avec les ordures pour trouver une place pour s’asseoir. Ici, tout semblait avoir été nettoyé à grande eau et orné par‐dessus tout avec des objets neufs. J’appris plus tard qu’il y avait des dizaines de gens qui s’affairaient au nettoyage quotidien du lieu. Je remis le paquet, et on me remit silencieusement une somme d’argent qui ne m’était jamais passée sous la main depuis que ma tête fut consciente. Je m’évertuai alors à revenir sur mes pas pour remettre l’argent, mais grande fut ma surprise lorsque le maître de la maison de briques et aux toits de tuiles me dit que c’était ma compensation pour la tâche accomplie.

Une prochaine livraison eut lieu quelques jours plus tard du côté de la colline du savoir, là où les gens savants puisaient des connaissances qui étaient hors de la portée de ma compréhension. De là, je vis la splendeur de la colline dominée par le Palais de la Reine d’une autre manière. Tout en comptant l’argent que je reçus de nouveau, et que je savais mien, je pris de nombreuses minutes à contempler sans bouger ces milliers de maisons, dont certaines respiraient l’ancienneté. J’essayai alors de deviner les scènes de vie qui se déroulaient dans la colline d’en face. Voir les rideaux voleter au gré de vents, admirer les dames qui étendent leur linge ou tout simplement se laisser éblouir par le soleil renvoyé par les fenêtres était ces plaisirs de la vie qu’on n’achetait pas. Maintenant que je pouvais désormais acheter quelque chose, je ne pus me résoudre à dépenser mes ariarys. Je poursuivis alors ces loisirs de gens pauvres qui me permirent d’admirer la ville dans sa dégoûtante splendeur. Je me souvins de ces fois où je passai des nuits sous les arcades d’Analakely, avec ses jolis magasins qui se parfumaient à l’urine. La vie était ainsi, pleine de contradiction.

Alors que les livraisons se succédèrent et que ma poche se remplit, je décidai de garder ma vie de paria sur les bords de rue. Il me fut en effet difficile de choisir ce que je devais acheter. Je m’abstins alors de dépenser. Quelques billets disparurent bien dans la nourriture, mais ma vie frugale me maintint loin des dépenses inutiles. Pour récompense à mes efforts, je me contentai de ces rêves que me promettaient les jolis endroits que je découvris au fur et à mesure. Une fois, je me pris à coucher près d’un magnifique temple d’Ambatonakanga. Ses pierres alignées étaient d’une beauté irrésistible et le bac à ordure en contrebas m’offrit un abri pour le contempler à souhait. Un autre jour, alors que ma livraison se termina par une autre poignée de billets, je m’assis face à la gare et me mis à attendre que la grande aiguille de l’immense horloge accomplisse un tour complet. J’aimai bien le toit arrondi de ce bâtiment.

Chapitre 4 : Et donc !

‐ Voici donc le prix de vos efforts, m’annonça‐t‐on en toute simplicité.

À aucun moment, il ne me vint à l’idée de demander la nature de ces paquets que je trimbalais à travers la cité aux pentes raides. Ils me permirent tout juste d’amasser des billets que j’emmagasinais dans un endroit éloigné du regard des autres. Celui qui me les remit à chaque fois me demanda d’ailleurs pourquoi je restais ainsi avec mes haillons. Je n’en avais cure. J’avais fini par oublier mes rêves de victuailles, de briques et de toits. Celui qui était venu en 404 il y a des années a disparu depuis bien longtemps, vaincu par le portefaix qui l’avait remplacé et qui a ployé petit à petit sous le joug des billets qui se sont accumulés. La taille des paquets n’y avait rien changé. Je demeurai un docker, l’un des milliers qui crapahutaient dans les rues encombrées de carcasses roulantes et de palais sur roues. D’ailleurs, ces crasses que je traînais me permettaient de rester éloigner de tous ces gens aux mœurs mysophobes et dédaigneux, ceux‐là mêmes qui salissent la ville sans s’en rendre compte.

A de rares fois, je me remis à penser aux délices qui s’exposaient dans les magasins au front de l’eau. Mais à chaque fois que j’y vins, il fallut me résoudre à contempler les canards sauvages qui se reposaient sur le plan d’eau tranquille. Je n’avais pas le courage d’y entrer pour affronter le vendeur. On me demanderait de ne pas pénétrer au risque de souiller les lieux. Si un de ces jours, l’envie se faisait irrésistible, je devais partir à la recherche des plus belles friperies. Je savais Isotry en être rempli, mais elles étaient si belles, sitôt sorties de leurs bals qui m’avaient autrefois écrasé les vertèbres, que je pris peur de devoir en revêtir.

Ma vie continua ainsi durant de longs mois encore. J’entrai dans les plus belles demeures au seul son de ce nom que me fit prononcer mon commanditaire. À chaque fois, point de conversation, juste l’échange et quelques murmures qui manifestèrent des remerciements sincères. Au lieu des mots qui se succédaient, je préférais la vue des splendides maisons qui se dévoilèrent à moi. De nombreuses fois, j’eus l’occasion de pénétrer dans l’antre des grands palais où les immenses jardins se cachaient aux yeux du monde. De chez les gens d’Antaninarenina, les parcs étaient plus petits que ceux des gens d’Ambatobe, mais le faste était là, à chaque fois. Mais mes préférés continuaient d’être les cases anciennes qui s’accrochaient aux flancs des collines de Faravohitra et d’Andohalo. Ces briques rouges nues étaient si belles qu’elles m’enivraient presque. Lors de mes heures d’ennui, pour me remémorer ces fois où j’eus accès à ces trésors construits des mains des gens anciens, je crapahutais d’Ankatso à Faravohitra où le panorama était masqué par la seule course des oiseaux qui traversaient le ciel.

J’aimais ma vie, cette discrète succession de moments de contemplations qui me mirent à chaque fois en émoi sans que je ne m’acquitte d’aucun tribut. Et puis un jour …

Chapitre 5 : Et puis soudain !

‐ Où faudrait‐il donc que je vous suive, je ne connais personne là‐bas !

Alors que ma vie de porteur continua sans encombre, rythmé par mes pérégrinations commandées, je me mis à ressentir un poids sur ma nuque. Ce n’était ni la charge imposée d’un énorme sac ou la gravité pesante qu’imposait les charrettes que je tirais de temps en temps. Ce fut la pression indicible d’une mauvaise impression. Moi qui avais l’habitude de la discrétion, je me mis à sentir des regards qui pesaient sur ma peau. Au fur et à mesure que mes visites se poursuivaient, la sensation se fit plus pressante, sans que je ne puisse mettre un visage sur les yeux qui vinrent m’horripiler. Puisque mes amis n’étaient que des gens de passage qui changeaient au gré de mes squats, je n’eus personne à qui confier mes angoisses, cultivant encore plus ma paranoïa.

Le jour où mes craintes se confirmèrent, ce ne fut pas un homme qui se planta en face de moi. Il en vint dix vêtus de la même manière. Ces gens‐là s’habillèrent presque de la même manière que d’autres qui avaient pour rôle d’invectiver contre les bus qui tardaient à donner leurs pochettes surprises. Moi qui n’étais pas conducteur, je m’en étonnai. Ils m’appelèrent par mon nom et par ceux de mes ancêtres que mes parents avaient accolés. Comment donc savaient‐ils tout cela. Moi‐même étais en cours d’oublier cette information. On m’annonça alors que je devais les suivre. Sans doute étaient‐ils les partenaires de mon donneur d’ordre.

Cette irruption ne pouvait être liée qu’avec mes livraisons. Ce furent les seules évolutions que connut ma pauvre vie d’Antananarivien. Mais quelle en fut la raison, je le sus autant que je connaissais la nature des paquets que je livrais un peu partout dans cet amoncellement de milliers de demeures où s’entremêlèrent les plus beaux et les plus dérisoires. Fallait‐il demander ? Aucun mot ne me vint en tête.

On me demanda alors de m’asseoir, mais ici, mon regard se balada sur des murs froids, sans magie, où l’on m’annonça sans ménagement que je ne pouvais plus sortir si je n’avais pas les réponses. Avaient‐ils au moins posé les questions ? Les seules informations que je pus leur communiquer étaient ce nom qui ouvrait les portes et ces belles bâtisses qui me faisaient tomber en amour pour la ville des mille nids de poule. En prenant mon ardeur pour de l’insolence et une volonté de cacher la vérité sur la nature des paquets, on me mit des chaînes qui me signifièrent alors que ma liberté prit fin.

Chapitre 6 : À la fin !

‐ Comment fallait‐il, me dis‐je à moi‐même, qu’une ville qui accorde la galère en cadeau soit aussi irrésistible !

Toujours aussi sale qu’à mes premières heures, la ville des mille m’attira vers ses rues nauséabondes, parsemées à quelques endroits de majestueuses constructions. J’en tombai petit à petit amoureux au fur et à mesure que je me perdis dans l’extase de la contemplation. Moi bien plus que d’autres, j’avais la chance d’explorer les plus beaux coins, qu’un grand nombre se préservaient pour de rares privilégiés.

J’aurais bien voulu vous raconter une histoire à la fin heureuse, mais mes aventures citadines se perdirent dans les geôles sombres d’Antanimora, d’où je perdais le plaisir infini d’admirer, ne serait‐ ce que la coruscation des fenêtres ouvertes au soleil, le charme écarlate des toitures en tuiles et le reflet éclatant de la lune sur les pavés mouillés, tout juste ternis par l’agglutination des déchets entraînés par les eaux boueuses qui descendent vers la ville basse. Nul ne sut finalement ce que les paquets continrent, mais ils m’apprirent au moins que la vanité de l’argent aveuglait sans raison.

Allais‐je un jour retrouver ces sous que j’avais si bien caché. Si, par la plus grande des chances, les gens qui avaient lu mon histoire ne s’en allèrent pas le retrouver, je me promis d’aller le chercher, de m’acheter des vêtements propres pour pouvoir manger ces appétissants boustifailles qui continuaient sans nul doute de se vendre tout près du front de l’eau./.

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Rajaobelina Lalao
Invité
Rajaobelina Lalao

Grande culture littéraire . J’ai dû consulter le dico pour trois mots que je voyais pour la première fois .Sujet original mais je ne sais pas pourquoi , j’avais deviné trop tôt la fin de l’histoire . Néanmoins , beau texte !

Bristol Rassam
Invité

Merci bien. Le dico ne reste jamais loin de moi également :)

La fin coulait de source je dois l’avouer. J’ai écrit un peu à vau-l’eau, et je dois encore chercher la fibre littéraire qui rend l’oeuvre plus intéressante.

Tantely Nathalie Rafidison
Invité

Criant de vérité et un choix judicieux par rapport au narrateur.

Bristol Rassam
Invité

Il m’était impossible d’imaginer une autre histoire en pensant à la beauté de Tana.

RAJAOBARIELINA Sariaka
Invité
RAJAOBARIELINA Sariaka

Histoire originale racontant un sujet pertinent et d’actualité à Antananarivo (Madagascar); un style d’écriture soigné avec un vocabulaire recherché.

Bristol Rassam
Invité

Merci pour ce commentaire qui donne du baume au cœur.