Les impacts du coronavirus sur le secteur textile à Madagascar

Le MGforum de Stileex

07/04/2020. Les activités des entreprises du secteur textile tournent au ralenti à Madagascar. Quels sont les impacts du coronavirus auxquels les gérants d’entreprises et leurs salariés font face actuellement ? Quelles sont les mesures que l’État propose pour soutenir ce secteur qui génère des centaines de milliers d’emplois ?

Les entreprises face aux problèmes d’expédition des marchandises

A Madagascar, la situation est au plus mal. Si en janvier et février, les entreprises étaient confrontées aux problèmes de matières premières suite à l’isolement de la Chine, aujourd’hui, elles sont face aux problèmes de demande.

« Les entreprises ont dû réviser leur calendrier faute de matières premières. Ce qui les a menés à retarder la production ainsi que les dates d’expédition. Seulement, tous les grands pays importateurs, Europe, Afrique du Sud, les États Unis, etc. sont actuellement en confinement ou en difficultés. De nombreux clients ont donc été contraints de reporter voire même d’annuler leurs commandes. Par ailleurs, des entreprises ont également des problèmes de recouvrement. Certains clients ne répondent pas aux emails et restent injoignables », a expliqué le président du Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP), Hery Lanto Rakotoarisoa.

 Quel soutien l’État apporte aux entreprises du secteur textile afin de faire face aux conséquences désastreuses du coronavirus.
Les entreprises du secteur textile font face aux problèmes d’expédition des marchandises

Une rencontre entre les gérants d’entreprises en vue

De nombreux salariés sont en chômage partiel depuis la semaine dernière. « Ils ont perçu leur dû du mois de mars grâce à la mesure d’ajournement du paiement de certaines charges fixes mais pour ce mois d’avril, rien n’est encore sûr », poursuit-il. En tout cas, une réunion des gérants des entreprises est prévue de se tenir courant avril toujours selon le président du GEFP.

L’objet de cette rencontre est de discuter de l’avenir du secteur et des salariés. Les patrons d’entreprises pourraient procéder à l’option crédit congé pour mieux aider les employés. Le GEFP compte 160 entreprises membres dont 90 entreprises de zone franche. 50% de ces dernières exercent dans le domaine du textile. Rien que pour la ville d’Antananarivo, les entreprises de zone franche comptent plus de 150 000 salariés.

Production de masques de protection à Madagascar confiée à 5 entreprises de zone franche

Une commande de 5 millions de masques de protection auprès de 5 entreprises de zone franche est une aubaine non seulement pour ces dernières mais aussi pour leurs salariés bien que cela ne représente qu’une infime partie de leur productivité. Devenu un produit stratégique au niveau international, Madagascar ne pouvait faire autrement que de produire, comme tous les autres pays, ses propres masques de protection. L’État malgache a proposé à toutes les usines textiles de l’accompagner dans ce grand projet afin de préserver non seulement la santé de la population mais également leur emploi.

« Les usines installées à Madagascar ne sont pas destinées à produire ce genre d’article mais suivant les recommandations, elles n’auront pas du mal à s’y mettre », a expliqué le président du GEFP, Hery Lanto Rakotoarisoa.

  • Se conformer aux normes médicales requises dont un dispositif de filtration bactérienne efficace,
  • Un stock de matières premières suffisant pour atteindre le but.

Pour cette commande, 5 entreprises se chargent de la production avec un objectif journalier de 150 000 masques. Cette quantité est largement insuffisante vue le nombre de personnes nécessiteuses d’autant plus que le port de masque est obligatoire à Antananarivo, Toamasina et Fianarantsoa. Seule Antananarivo compte plus de 5 millions d’habitants.

En tout cas, avec cette commande, des milliers d’employés de ces entreprises poursuivent leur travail s’ils ont craint un éventuel service minimum ou un chômage partiel voici quelques jours. Le Président de la République, Andry Rajoelina, lors de sa descente dans une usine à Tanjombato, a souligné que le marché est ouvert à tous mais il faudrait répondre aux exigences.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here