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La passion et l’ambition, les deux grands moteurs qui nous poussent à réaliser de belles performances. Pour Marosoa Randriambololona, un jeune entrepreneur malgache, pouvoir aider son prochain est l’une de ses plus grandes motivations dans la vie. À tout juste 22 ans, il a déjà trouvé sa vocation et intégré le monde des affaires. Pour lui, Madagascar mérite d’avoir un avenir meilleur et il souhaiterait apporter sa contribution pour que cela devienne réalité.

Qui est Marosoa Randriambololona ?

Je me nomme Marosoa Randriambololona. Actuellement, je suis salarié dans un cabinet de conseil. J’ai 22 ans et j’adore l’entrepreneuriat. J’ai fait mes études en France et j’ai un diplôme de Bachelor en Management.

Marosoa Randriambololona, un jeune intègre et ambitieux passionné par l'entrepreneuriat
Marosoa Randriambololona, un jeune intègre et ambitieux passionné par l’entrepreneuriat. Copyright Fan’Sary

Je suis également membre de l’association Madagascar Will Rise. Plus précisément, je suis dans le pôle environnement. Et j’ai l’intention de créer ma propre entreprise dans peu de temps.

Marosoa Randriambololona, pourquoi as-tu choisi de te lancer dans l’entrepreneuriat ?

J’adore l’entrepreneuriat, pour moi c’est le domaine à exploiter si l’on veut vraiment aider des gens. À mon avis, créer des emplois à Madagascar est le meilleur moyen d’apporter de l’aide aux habitants. Aider et donner c’est bien, et en créant une entreprise, en créant de la valeur, je peux aider mes compatriotes. Je pense qu’on change plus en profondeur la vie des gens lorsqu’on monte une entreprise. Ainsi, je pourrais non seulement aider des personnes dans le besoin, mais tout cela aura aussi un impact sur l’économie du pays.

Peux-tu nous parler un peu de tes projets en tant qu’entrepreneur Marosoa ?

Concernant mes projets, il y en a pas mal. En ce moment, il y a un projet digital qui va sortir le mois prochain. C’est un réseau social ou une plateforme qui s’appellera « Efanampy » comme dans le mot malgache « hifanampy ». Là, on a fini une application mobile qui a été créée par des Malgaches, c’est à dire une application Vita Malagasy et qui est destinée à aider les Malgaches, pour leur faciliter la vie. Voilà, mais pour le moment je ne peux pas donner plus de détails, mais dès qu’il sortira publiquement vous en saurez un peu plus.

Je déteste le gaspillage. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai l’intention de créer une entreprise de transformation du plastique. Pour l’instant, je suis en phase de test et j’espère que je pourrais fonder cette entreprise légalement ici à Madagascar. Ce projet s’appelle « Pitik’afo » et il consiste à transformer le plastique en hydrocarbure.

En tant qu’entrepreneur, qu’est-ce qui te motive à ouvrir ton entreprise à Madagascar ?

Notre situation actuelle est certes délicate. Toutefois, je pense que même si c’est un peu le « bordel » à Madagascar, on peut tout à fait y trouver toutes les opportunités du monde. La principale raison pour laquelle je veux investir à Madagascar c’est qu’il y a encore beaucoup de choses à réaliser, beaucoup de besoins qui n’ont pas encore été satisfaits. Rendez-vous compte qu’il y a 25 millions de personnes qui ont des besoins pas comblés.

D’ailleurs, c’est tout le contraire de ce qui se passe à l’étranger où il est très difficile d’innover. Ici il reste plein de choses à faire. C’est plus facile de faire des recherches concernant les attentes et les besoins des Malgaches. En plus, cela a un réel impact sur l’économie du pays. Si l’on crée des emplois, par exemple pour cinq personnes qui sont dans le besoin, on peut arriver à changer leur vie.

Marosoa, en tant qu’entrepreneur, pourquoi y a-t-il autant de start-up qui coulent à Madagascar ?

Hmm… ça dépend de la situation. Normalement, quand on crée quelque chose il faut faire une planification et un business plan. Il faut également viser les marchés stables. Entreprendre, pour moi, c’est toujours prendre des risques. Il y a des personnes qui connaissent le marché, mais qui n’arrivent pas à penser plus loin. En effet, ils ne trouvent pas le moyen d’étendre leur production par peur des risques. Et pourtant, lorsqu’on entreprend on ne peut pas éviter les risques, il faut juste savoir les gérer. Et c’est après trois ans seulement qu’un projet mérite d’être appelé « entreprise ».

Il y a plusieurs types de risques qu’on ne peut ignorer comme le climat et les catastrophes naturelles. Par exemple pour les agriculteurs, il est difficile de gérer la plantation par rapport aux cyclones et aux autres fléaux.

Qui plus est, la capacité financière qui manque à Madagascar ne favorise pas non plus la pérennité des start-up. Les jeunes entrepreneurs manquent d’appui financier et je pense que cela est la principale cause de l’échec de certaines start-up à Madagascar.

Marosoa, peux-tu nous parler un peu de Madagascar Will Rise ?

C’est une grande aventure humaine pour moi. Donc l’histoire de l’association est la suivante. C’est Miako Rasolondraibe qui a eu l’idée de créer l’association Madagascar Will Rise. Elle existe maintenant depuis deux ans. Cette association vise à remettre Madagascar sur pied. À l’époque, il n’y avait que trois pôles : le pôle environnement et agriculture, le pôle éducation et le pôle pour les femmes. Les principaux membres ont fait des levées de fonds et c’est après qu’ils ont décidé de venir ici. Ce qui est génial c’est surtout la motivation et la passion des membres de l’association. Tout le monde aimerait contribuer aux actions pour le bien du pays.

Madagascar Will Rise est une association qui regroupe des jeunes qui ont la passion et la conviction de remettre sur pied notre pays
Madagascar Will Rise est une association qui regroupe des jeunes qui ont la passion et la conviction de remettre sur pied notre pays

Aujourd’hui, il y a environ 500 bénévoles inscrits, dont 300 actifs. Et il y a d’autres nouveaux pôles comme le pôle culture, sport, artiste, etc.

Concernant les recrutements, les bénévoles doivent connaître les valeurs de MWR. Comme être un modèle pour la société, avoir l’amour de son pays et aussi apprécier l’unité, le travail en équipe. En effet, la personne doit avoir le cœur et l’envie, mais surtout la passion pour vraiment réussir à faire passer le message aux bénéficiaires.

Par exemple s’il y a un paysan, on doit lui apprendre certaines valeurs comme quoi il est important, et qu’il n’est pas juste un simple paysan. Effectivement, il faut le conscientiser qu’il y a des milliers de personnes qui mangent grâce à ce qu’il fait. On veut réellement montrer que tout le monde a un rôle précis et important au sein de la société.

Pourquoi as-tu choisi d’intégrer cette association ? Et quel est ton rôle au sein de MWR ?

La vraie raison est simple. Je crois fermement qu’on peut encore changer l’avenir de Madagascar. Et je veux vraiment faire quelque chose d’honorable pour le pays. La plupart des adultes disent que notre pays est damné. Personnellement, je pense le contraire, et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont poussé à revenir ici et à intégrer MWR. Puis, j’ai été fasciné de voir qu’il y avait des personnes qui ont les mêmes convictions que moi.

J’ai intégré l’association, il y a un peu moins d’un an. À l’époque, je n’étais qu’un simple bénévole et plus tard je suis devenu leader d’équipe. Maintenant, je suis dans le pôle environnement. Je m’occupe de tous les projets environnementaux urbains, c’est-à-dire tout ce qui peut-être recyclage, agriculture, et tout ce qui concerne les déchets.

Peux-tu nous parler de l’assainissement que vous avez réalisé le dimanche 16 juin 2019 ?

Ce projet s’appelle « Koloiko ny tananako » c’est-à-dire je prends soin de mon quartier. Dans mon équipe on a établi un vote. On a décidé de faire quelque chose de spécial et d’essayer de toujours nous améliorer. Ce projet consiste au nettoyage d’un quartier et puis à son embellissement.

Le projet  « Koloiko ny tananako » n'était que le début d'une longue série de projet affirme Marosoa Randriambololona
Le projet « Koloiko ny tananako » n’était que le début d’une longue série de projet affirme Marosoa Randriambololona

On veut motiver les personnes et leur faire comprendre qu’ils sont responsables de leur quartier. La phrase de Napoleon Hill « si vous ne pouvez pas faire de grandes choses, faites de petites choses d’une grande manière » prend tout son sens. C’était le moment où il y avait le moins de monde, on a normalement un calendrier précis, mais il n’y avait pas de raison particulière, mais juste parce que c’était un dimanche. Et d’ailleurs, on le fera tous les mois. Au lieu de célébrer la fête des pères en famille chez eux, des habitants du quartier étaient venus nous donner un coup de main. Et voilà, c’est ce qu’on veut faire : donner un bon exemple à nos compatriotes.

Quel est l’objectif principal de MWR ?

Madagascar Will Rise est une association qui tend à vouloir mobiliser tout le monde pour faire quelque chose pour le pays. Pour MWR c’est surtout d’amener une vague de changement de mentalité, apprendre certaines valeurs aux enfants, créer des vocations, et créer des rêves pour qu’ils soient motivés pour aller à l’école. C’est le Projet « Mibaliaka ». Les premiers bénévoles étaient à l’époque recruté pour ce projet sur Facebook.

Durant la réalisation des projets, quel genre de difficultés avez-vous rencontré ?

La plus grande difficulté qu’on a rencontrée c’est surtout la méfiance des bénéficiaires. Les gens avaient du mal à nous faire confiance, parce qu’on est jeunes. Et en plus, c’était vraiment dur de les convaincre qu’il est possible d’avoir une meilleure situation. Les personnes qui vivent dans les zones rurales sont très fatalistes, ils pensent que c’est la vie et qu’il n’y a pas d’autres issues. On veut vraiment montrer qu’il y a mieux que ce qu’ils sont en train de vivre. Mais d’un autre côté, c’était motivant de leur montrer à quel point on voulait vraiment faire quelque chose et aussi qu’on était des gens honnêtes.

As-tu une idole dans la vie ?

Hmm… j’adore Elon Musk. C’est un entrepreneur qui a vraiment réussi sa vie. Je ne l’aime pas à cause de ce qu’il est devenu, mais plutôt grâce à ce qu’il a fait. C’est une motivation, parce qu’il n’est pas seulement question de talent et de motivation, il faut aussi travailler. Et il a fait ça sans relâche pour réussir.

C’est cette persévérance et cette volonté qui m’a le plus inspiré chez lui. Il avait les compétences, mais outre cela il travaillait tout le temps, depuis environ vingt ans maintenant, et il trouve toujours quelque chose de productif à faire. On doit s’investir à cent pour cent si on veut réaliser quelque chose de bien. En effet, Il faut travailler comme un acharné. Moi je dis que le travail paie toujours et c’est d’ailleurs ce que tous les jeunes devraient avoir en tête. Lorsqu’on est jeune, on peut s’investir à fond parce qu’on n’a ni attache, ni enfant, par contre on a la santé. Et le plus important de tous c’est le temps.

Un petit mot pour les jeunes entrepreneurs malgaches

Je pense qu’il faut que vous vous serviez de toutes les ressources que vous avez. Posez-vous la question suivante : qu’est-ce que je peux faire avec mes ressources ? Et ces ressources ne sont pas forcément matérielles. Effectivement, il faut vous reposer sur tous les moyens dont vous disposez : vos savoirs, vos compétences, votre personnalité, vos réseaux de contacts. Donc il s’agit de démarrer avec ce que vous avez. C’est une forme de pensée qui s’appelle « l’effectuation ».

« J’aime aider les gens et c’est pour cela que j’ai choisi de créer ma propre entreprise »

Marosoa Randriambololona, un jeune entrepreneur qui utilise ses compétences pour apporter de l’innovation à notre pays. Marosoa, sache que l’équipe de Stileex Post te soutient dans la réalisation de tes projets. Et vivement le mois prochain pour la sortie de ton application.

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Sitraka AndrianivosonKoloina Rasoahoby Auteurs de commentaires récents
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Sitraka Andrianivoson
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Félicitations Marosoa ! J’ai beaucoup entendu parler de MWR, j’ai même voulu intégrer le mouvement après votre action sur l’avenue de l’indépendance à Analakely il y a quelques mois, mais je n’ai pas su comment faire ni à qui m’adresser. Pourrais-tu me conseiller là-dessus ? Merci !

Koloina Rasoahoby
Membre

La plupart des jeunes qui poursuivent leurs études à l’étranger y restent pour la raison qu’à Madagascar c’est le « bordel » et qu’il n’y a rien à faire pour y remédier. Contrairement à ceux-là (je ne juge pas, chacun ses raisons), Marosoa est rentré pour le bien de son pays, ce qui est un geste admirable. À seulement 22 ans, il a su changer quelques mentalités, si je ne vais citer que les personnes qui sont venues leur prêter main-forte pendant la journée du 16 juin, journée de la fête des pères en plus.

Et ce qui m’a le plus touché c’est qu’il utilise des mots malgaches pour ses projets. Quand j’ai eu l’occasion de discuter avec lui, je lui ai même demandé la raison pour laquelle il choisit des mots malgaches. Et il m’a répondu avec simplicité : « pourquoi employer les mots des autres alors que les nôtres sont géniales ? » Certaines stratégies marketing utilisent des mots étrangers, surtout anglais pour créer quelque chose d’attirant ou quelque chose de spécial, mais Marosoa, lui, il est convaincu que les mots malgaches peuvent faire sensation pour les projets. En tout cas, je souhaite une grande réussite à ce jeune ambitieux et humble Marosoa Randriambololona !