Il n’y a pas de sot métier comme disait l’autre. À Antananarivo, j’ai remarqué que l’on pouvait créer de la valeur même là où il n’y en avait pas à la base. C’est dingue.

Il y a par exemple ces gars à qui on n’a rien demandé et qui rabattent les clients sur les bus ou les taxis. En soi, ils sont totalement inutiles, mais on leur donne du « rézim’ kely » pour les encourager, oui, c’est comme ça ! Vous qui n’avez pas l’habitude de voir ce genre de phénomène, vous allez vous demander pourquoi les encourager ? Eh ben, il vaut mieux faire ça plutôt que de les laisser mourir de faim, ou pire, les laisser devenir des délinquants.

Il y a bien sûr aussi des métiers plus rudes. Je vais prendre comme exemple les porteurs d’eaux. Dans tous les quartiers on en trouve. D’ailleurs, les malgaches les appelle « mpatsaka rano ». On les voit avec des bidons, généralement jaunes xD. Ils peuvent porter jusqu’à 4 bidons de 15 à 20 litres d’eau en un seul voyage (c’est à dire de la fontaine jusqu’au domicile qui a commandé l’eau).

Les "mpatsaka rano" doivent faire la queue tôt le matin pour respecter les horaires d'ouverture des fontaines à eau
Les « mpatsaka rano » doivent faire la queue tôt le matin pour respecter les horaires d’ouverture des fontaines à eau

Il y a aussi ces fabricants artisanaux de tampons (le truc pour tamponner hein). On en trouve surtout sur les marches de l’escalier d’Antaninarenina (tohatohabato). En effet, il fabriquent ces tampons avec des caoutchouc issues des pneus ou des chambres à air usées. Un vrai « ady gasy » ou débrouille à la malgache quoi !

L'endroit où les fabricants de tampons se planquent :D
L’endroit où les fabricants de tampons se planquent :D

On peut donc dire que ce ne sont pas les métiers insolites qui manquent à Madagascar. Les Malgaches sont pauvres, certes, mais ils survivent et sont débrouillards. Et vous, connaissez-vous des métiers insolites qui font vivre à Madagascar ?

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Adele
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Adele

Insolites en effet mais ces métiers constituent un savoir local qu’il faut peut-être valoriser et encourager. Un coup de pousse de la part des médias et de la METFP (Ministère de l’Emploi, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle), ces petites entreprises peuvent fleurir et qui sait, leurs pratiques peuvent figurer parmi les patrimoines culturels malgaches.

Koloina Rasoahoby
Editor

@florence oui ! Les sandales fabriqués à partir de vieux pneus et chambres à air usées. Le design n’est pas vraiment au goût de tout le monde mais la solidité est indiscutable. D’ailleurs @fenosoa parle d’eux dans son article « Ady gasy ou la débrouille à la malgache. »

Sans même connaitre le concept de recyclage ni d’écologie, ils recyclent ces matériels usés pour leur business.

Florence Randria
Editor

Il y a aussi ces hommes qui arrivent à fabriquer des sandales à partir de pneus usés. Ils sont à Nosy be je crois!

Koloina Rasoahoby
Editor

@stileex oui ! Ou même un reportage si possible :).

Stileex

Je crois que ça serait bien qu’on fasse un article complet sur les métiers les plus insolites qu’on voit à Madagascar, non ?

Koloina Rasoahoby
Editor

« ZANY RAKOTO NY ATY AMINAY, LASA MPIHIRA AVOKOA IZAHAY NA MAHAY IO NA TSY MAHAY »

Je trouve que la musique est aussi un « business » qui marche dans la grande Île :D.

Il y a ces soit disant « chanteurs », qui (je ne juge pas :p) n’ont même pas le talent pour cela, et deviennent quand même célèbres car leurs tubes font le buzz :p. Grâce à cela, ils donnent des concerts et gagnent de l’argent xD. Vous en connaissez au moins un non ? Haha

Sitraka Andrianivoson
Editor

Re @dramaturotsu,

En effet ces caractéristiques jouent beaucoup dans la réussite d’un commerce, et pas à Tanà uniquement. Néanmoins il faut savoir pérenniser le business aussi, et ça, beaucoup ne savent pas faire :S.

dramaturotsu
Membre
dramaturotsu

Oui a Analakely il y a avait une dame qui vendait du piment en bocal qui est devenue milliardaire après avoir fait 25 ans son metier .
Mon oncle aussi fabriquait des chaussures en cuir là bas. Il gagnait bien sa vie .
Selon moi il n’y a pas de petit boulot si tu vis à Tanà. Ton local et ton lieu de travail jouent beaucoup ici c’est a dire que tu gagneras plus en matière de commerce si tu as la chance d’avoir un local dans un quartier très populaire.

Sitraka Andrianivoson
Editor

Sans oublier les aiguiseurs de couteau :). Une multitude de boulots souvent insolites mais qui, bizarrement, font vivre une grande partie de la population malgache !

Bishou
Editor

Les « acheteuses de bouteille » aussi. D’ailleurs, j’ai fait appel à leur service récemment car nous avons eu trop de bouteilles vides en stock :D

Koloina Rasoahoby
Editor

Ahh… je ne sais pas si ça existe encore en ce moment mais avant il y avait les « mpanakalo » aussi :p. Je me souviens même de leurs voix : « mpanakalo ooooooowhhhh »

Sitraka Andrianivoson
Editor

Les réparateurs de jantes entre autres et les « gardiens de parking » que tu vois miraculeusement apparaître dès que tu essayes de quitter le parking.

Bishou
Editor

Il y a aussi les gars à Ambodivona (après je ne sais pas s’il y en a dans d’autres quartiers) qui vous demandent si la porte de votre voiture a besoin de réparation.

Vony Ramamonjisoa
Membre

oui @sitraka j’imagine que c’est comme les tresses en postiche

Sitraka Andrianivoson
Editor

@vony Hein ? Recoudre des plumes sur les coqs déplumés ?

Vony Ramamonjisoa
Membre

J’ai n’en ai jamais vu, mais on dit que des gens se font du business en cousant des plumes de coq sur ces volailles déplumées à l’issue d’un combat

Koloina Rasoahoby
Editor

Moi ce qui me surprend le plus c’est les gars (bon, les hommes) qui font des « nail arts » dans la capitale. Analakely près de supermusic, Mausolée près de l’arrêt du bus, Mahamasina,… La prestation coûte entre 1000 et 3000 Ariary pour le nail art, mais ils posent également des faux ongles à 10.000 Ariary.
Ce qui est surprenant c’est qu’ils arrivent à reproduire les motifs qu’on demande, bien sûr, ils ont déjà un album dans lequel le client va choisir le motif mais quand même il faut reconnaître qu’ils ont du talent !

Fenosoa Hanitriniala
Membre

Il y a aussi les « mpanera » qui squattent le grand parking de Mahamasina devant le Bazar du Quartier. Vous arrivez en voiture, ils vous accostent, prennent votre commande (brochettes, soupe, bière…), disparaissent on ne sait où, et reviennent quelques minutes après avec votre commande.

Sitraka Andrianivoson
Editor

Les « porter-madame » dans les marchés tels qu’Analakely, ces gens qui viennent vous acoster et vous demander si vous avez besoin de quelqu’un pour transporter votre panier, les « réparateurs » de route aussi, qui viennent « reboucher » les trous partout dans les rues de Tanà pour quelques billets .. :). Les métiers insolites ce n’est pas ce qui manque à Madagascar.