06/12/2017. La pêche traditionnelle à Madagascar est en danger. Les pêcheurs sont contraints de rechercher toujours plus loin les poissons. Cette activité qui faisait vivre une grande partie du pays risque de disparaître. Une ressource menacée comme tant d’autres à Madagascar.

La pêche industrielle et le changement climatique

De 9000 tonnes en 2000, la pêche aux crevettes sauvages est passée à 3000 tonnes en 2008. En cause la surpêche qui affecte également les poissons. Ceux qui vivent de la mer ont été forcés de partir à la quête de nouveaux territoires où poursuivre leurs activités.

La pêche industrielle à Madagascar
La pêche industrielle à Madagascar

A Madagascar 80 % de la production nationale des ressources est fournie par des pêcheurs traditionnels. Face à ce boulversement, les navires usines qu’ils proviennent d’Europe ou d’Asie, puisent dans leurs filets ce qui reste du potentiel marin de la grande île.

Les pêcheurs traditionnels constatent l’extinction programmée de ce qui les a fait vivre et avant eux leurs parents. Le nombre des poissons ne cesse de diminuer en même temps que leur taille.

Scène de pêche traditionnelle
Scène de pêche traditionnelle

10 millions d’euros pour sauver la pêche

La coopération allemande à travers son Ministère de la Coopération Economique et du Développement (BMZ), a décidé de financer un projet visant l’amélioration de la gestion de la pêche côtière durable, à hauteur de de 10 millions d’euros (37,4 milliards d’ariary).

Le programme, qui a été signé en début de semaine à Antananarivo, va s’étendre sur cinq ans. Il concerne 6 sous-régions et associe autant d’ONGs.

Le dispositif est placé sous la houlette de Madagascar National Park. Ce projet cible les zones côtières, où vingt huit bénéficiaires ont été sélectionnés dans trente sept communes représentant cent trente huit fokontany. L’objectif de ce plan est de réduire les pressions sur la biodiversité aux alentours des Aires Marines Protégées.

Pêcheurs en pirogue
Pêcheurs en pirogue

Les sous-régions concernées

  • Nosy Vé Androka soutenu par WWF
  • Velondriake et Soariake soutenu par Blue Ventures et WCS
  • Belo sur Mer soutenu par WWF et Blue Ventures
  • Nosy Hara soutenu par WWF
  • Baie d’Antongil soutenu par WCS et GRET
  • Sahalamaza soutenu par MNP

Voir également : l’esturgeon étoilé de Mantasoa

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Bernard Conchon

L’information est aussi vitale que l’air que l’on respire. Elle est d’autant plus essentielle que les événements sont imprévisibles et souvent hostiles. Mais parfois elle redonne aussi l’espoir. Elle est au cœur du développement et contribue à dessiner en permanence de nouvelles lignes d’horizon. En rejoignant Stileex je souhaite contribuer à répondre aux attentes de ceux qui ont pour ambition de construire l’avenir de Madagascar et le hisser au-delà de ses difficultés. Tous ceux qui entreprennent ont besoin de savoir de quoi est fait leur environnement. Où sont les freins qui rongent la grande île mais aussi où se cachent ses dynamiques propres. Sous la terre rouge germent les graines de la relève.

2 Commentaires

  1. Davafrica

    Le diagnostic est bien posé. Ce n’est pas la pêche artisanale qui impacte actuellement les ressources halieutiques malgaches – à l’exception de quelques espèces prisées des asiatiques – mais bien la pêche industrielle non contrôlée dans l’espace maritime malgache. Alors pourquoi entretenir à grands frais des ONG aux solutions bien futiles au regard des enjeux? Plutôt armer une vraie Marine nationale gardienne des espaces concernés pour chasser les dizaines de chalutiers asiatiques et européens frayant dans le canal du Mozambique par exemple… Mais ce serait trop simple et moins vendeur!

    • Bernard Conchon Bernard Conchon

      Je partage votre point de vue sur la surpêche des bateaux-usines venus d’Europe ou d’Asie. Madagascar ne possède pas les moyens de contrôler son espace maritime et ainsi de protéger les ôtes et ceux qui y vivent. En attendant des jours meilleurs sur ce plan là, je pense qu’il faudrait informer les consommateurs des pays de l’UE pour qu’ils puissent prendre la mesure de ce qui se passe ici. Je ne pense pas que les chinois dans leur immense majorité soient sensibles aux conséquences du saccage des fonds marins dans la région. Je suis en revanche plus nuancé sur les ONGs. Certaines ont développé des programmes de gestion des ressources qui ont permis de reconstituer les réserves faunistiques dans quelques régions. Je pense en particulier à Andavadoka et à Belo sur Mer.

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