Ce texte est candidat au concours littéraire La Plume Stileex
Thème 2018 : La Beauté de Tana
Les œuvres présentées et publiées sur le site dans le cadre du concours littéraire La Plume Stileex sont le travail de personnes extérieures à l'équipe éditoriale. En conséquence, les avis, jugements et points de vue présentés dans chacune d'elles n'engagent que leurs auteurs respectifs et ne reflètent en aucun cas ceux de la Revue Stileex. Également, dans un souci d'équité et surtout pour ne pas dénaturer le travail des candidats, nous n'avons pas corrigé les textes et les présentons donc tel que nous les avons reçus.
Vous pouvez noter cette œuvre en bas de page. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 18/11/2018. En savoir plus sur le concours La Plume Stileex 2018
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La ville aux milles facettes, aux milles couleurs et aux milles visages. La ville des milles, Antananarivo. Ville de l’enfance, ville de l’avenir. Joie, peine, tristesse, massacre mais toujours aussi fier de hisser
haut ses trois couleurs.

Colonisée, convoitée, Tana persévère pour garder cette liberté qu’elle a tant admiré. Même si elle essaye toujours de comprendre comment l’apprivoiser, elle ne se laisse pas faire et garde le sourire en toutes circonstances.
Je l’ai vu évoluer, elle m’a vu grandir. L’accompagner dans les moments difficiles comme dans mes échecs. Tant de morts, pourtant l’effervescence qu’il y a dans ses moments de joie est inégalable.

Quand nous parlons d’Antananarivo, cela nous renvoie toujours à son passé historique, à toutes ses guerres et ses révoltes. Tous partent alors de la haute ville.

Les hauts sommets des reliefs qui entourent la ville, immergés de ces maisons recouvrants chaque flanc de montagne, gardiens des joyaux, souvenir à une architecture traditionnelle et coloniale; avec son palais, le Rova de Manjakamiadana, si fier, dominant toute la ville, symbole de son histoire, un rappel au passé, à tous ceux qui se sont battus pour sa liberté.
La ville haute témoignant de la fierté et de l’histoire de tout un pays.
Ses rois et reines cherchant chacun le moyen de gouverner avec la plus grande sagesse pour surpasser le plus grand : Andrianampoinimerina, aimé par le peuple et ayant été l’élément déclencheur du début du développement de l’île, par son ouverture au monde. Leurs histoires perchées dans les sommets de la ville dont chaque sentier qu’ils ont emprunté regorge encore de secrets sur leurs vies et sur le pays. Les vieilles églises relatant la foi et l’espoir qui guident chaque citoyen à tenir bon en attendant un avenir meilleur. Le tribunal de ce temps, les lieux d’exécutions et de tortures ayant accueilli de leurs horreurs, coupables et innocents, vestiges de l’originalité particulière de cette ville haute, riche de ses monuments en pierre qui perdurent malgré les intempéries et le temps.

De la haut, le stade de Mahamasina juste en-dessous du Rova, est bien visible tel une fosse aux lions où jadis les martyres y furent jeter ; un endroit maintenant où athlètes de tous les âges peuvent s’entraîner, comme la sélection nationale de football qui y reçoit avec témérité leurs adversaires. Autour de ce dernier, s’installe tous les jeudis, le plus grand marché d’Antananarivo, un grand embarras de choix puisque nous pouvons y trouver TOUT ce que nous voulons.

Le Parc zoologique de Tsimbazaza, à côté, avec ses lémuriens, pas besoin d’aller à des kilomètres pour rencontrer un de ces animaux emblématiques de l’île, les kings Julian de Madagascar ; ses tortues géantes et ses différentes espèces d’oiseaux tropicaux. Le zoo est une forêt primitive en pleine ville, faisant en quelque sorte du parc une réserve naturelle.

Des hauteurs, nous pouvons y voir également, le lac Anosy en forme de cœur, lac artificiel, initiative du gouverneur Jean Laborde pour la reine Ranavalona II… .
Son ange doré qui veille sur chaque citoyen, trône au milieu du coeur de la ville : cadeau de paix et d’amitié, du « fihavanana », un mot sans traduction signifiant famille, fraternité, amitié… Valeur fondamentale, pilier de la société Malagasy, base du peuple Malagasy.
Les couleurs vertes et violettes du lac orné de ses Jacarandas, arbres uniques et imposants, tous âgés de plus de cent ans ; ayant grandi en même temps que la ville, ayant ainsi été témoins de son passé.

Pas loin de son cœur, l’allée des marchands de fleurs, résumant la richesse de la flore Malagasy, de toutes couleurs et de tout aspect telle un Eden oublié en pleine ville. Cependant cela n’est qu’un petit aperçu de tout ce qu’elle renferme encore.
Les étalages de fruits et légumes tout aussi colorés et parfumés. Parfum embaumant l’air d’une odeur exotique : banane tout au long de l’année, papaye, litchi, mangue, mandarine… selon la saison. Longeant les pentes pour arriver en plein centre ville, nous ne pouvons manquer les ruelles pavées rustiques de la haute ville jusqu’à Faravohitra.

En descendant encore, se présente : la bibliothèque à ciel ouvert d’Ambohijatovo, une des meilleures Bibliothèque au monde, par ses milliers de livres, certaines allant même vers l’unique, cette bibliothèque renferme des trésors cachés qui n’attendent qu’à être découverts dans un océan d’ouvrages littéraires. Une des principales richesses intellectuelles de la ville. Elle est située entre les deux tunnels historiques : Ambanidia et Hubert Garbit, creusés à la sueur des ancêtres durant des décennies à l’époque coloniale, existants encore jusqu’à maintenant et sont les seuls tunnels de Tana.

Les fameux pavillons d’Analakely, juste un peu plus bas, un genre de souk version Malagasy, abritant des centaines de boutiques, en passant par la mode et les épices. Emplacement situé entre les deux « tohitohim-bato », littéralement deux gigantesques escaliers en granite, attirant oreilles musicales et amateurs à découvrir les spécialités culturelles de la ville du fait qu’au sommet du « tohitohim-bato » d’Antaninarenina, nous avons la place musicale, où des concerts gratuits et expositions en tout genre ont lieu, ravissant passants et touristes de leurs arts et talents.

Tout cela accompagné du son du « valiha », instrument typique Malagasy, qui ne quitte pas les bruits de la ville, rythmant et berçant le tumulte citadin, se mélangeant aux chanteurs de « hira gasy » qui font résonner leurs tambours sur les marches des « tohitohim-bato ».

Le jardin de Pergola, avec tous ses flamboyants, éblouissant l’allée d’Antaninarenina de toutes ses couleurs, accompagné de toutes les bijouteries qui bordent chaque côté de la route.

L’allée des palmiers géants d’Antsahavola, un petit style californien.

Les arcades, sur quatre blocs, petit champs Élysée, vestige du design colonial, avec quelques artistes exposant leurs talents un peu partout, lieu culturel où jeunes de tout âge essayent de trouver leurs voies, à chercher d’affirmer leur personnalité par le moyen de la danse.

Les magiciens de rues, que nous pouvons rencontrer tous les jours de l’année. On ne peut les rater car à chaque fois, voici les Malagasy qui s’attroupent pour les assister.

Tout au bout, la gare, au centre de la ville, le PK0, elle est un des plus beaux édifices de la ville remémorant tragédie, larmes mais également bonheur de retrouver un être aimé après une longue absence, les retrouvailles émouvants, les voyages d’affaires d’antan, signe de développement déjà à une époque ; et qui est aujourd’hui un centre commercial.

A sa droite, le cercle des cheminots avec leurs maisons de différentes styles mais toujours au design colonial. Avec voisin d’en face, le marché artisanal de Pochard où nous pouvons y trouver, pierres précieuses, arts Malagasy comme les sculptures en bois ou encore les travaux de raphia, ainsi que les « smocks », brodés à la main.

En continuant vers l’Est, les murs des écoles, tels Antanimena ou encore Ampefiloha, peint au histoire du quartier par les jeunes qui sont en soif de création, couleurs verdoyantes témoignant d’une population jeune active, prête à faire entendre leur voix pour développer sa nation, sa patrie dont ils sont fiers.

La route des hydrocarbures d’Ankorondrano, quartier économique, et l’un des plus modernes de Tana ; où chaque matin des piles et des piles de journaux s’entassent sur les trottoirs attendant avec impatience l’arrivée des vendeurs pour aller répandre les nouvelles à tous les gens de la ville.
Quartier où se trouve les grandes citernes, réservoirs des énergies fossiles de la ville. L’allée des Mantalias de la zone Tana Water Front, avec ses maisons traditionnelles Malagasy, aux berges d’une marée avec ses nénuphars et ses roseaux.
Parallèlement, à Andraharo, les bâtiments les plus modernes dans la zone Galaxy avec une architecture futuriste. Ce sont les quartiers les plus évolués.

Les restes de « tamboho gasy », murs en terre cuite fait d’argiles et d’oeufs, une pensée à l’architecture Malagasy traditionnelle sur les routes d’Ivandry.

La digue, une route solitaire sur les rizières de Tana, donc littéralement une digue, imaginée par le plus grand roi Malagasy : Andrianampoinimerina. Travail fait à la main de milliers de paysans pour éviter l’inondation de la ville. Un système très ingénieux de la part d’un roi de ce temps.

A Tana, la seule ville où les taxis sont des voitures de collection : deux chevaux, Renault quatre… , égayant les touristes qui prennent plaisir à rouler dedans. Où les charrettes de zébus circulent normalement tels des moyens de transports motorisés. Cela peut être pris comme marque de pauvreté mais cela ajoute son charme à la ville.

Les arbres jamais loin, par-ci, par-là, témoignant du nom Analamanga, forêt où s’est implantée une ville. Fusion entre le brut, le primitif et le moderne en constante évolution. Antananarivo est surtout connue par ses nombreux Jacarandas dans presque toutes les parties de la ville, faisant de la couleur violette une nuance dominante et chaleureuse.

Pas besoin de feux tricolores, les policiers entament leurs heures avec entrain dès six heures du matin pour coordonner le trafic.

Déjà le matin, le soleil accueille chaleureusement les travailleurs en sortant de leur foyer et les accompagnent sur leur trajet. Une lueur d’espoir pour passer une bonne journée. Une fine couche de brouillard qui laisse au passage la rosée du matin sur les verdures et les faisceaux de lumières absorbés par les feuilles des arbres. Le ciel restant ouvert à tous, aucun obstacle empêchant les rayons du soleil de vitaminer les habitants, donnant un peu de fantaisie à la vie de tous les jours.
L’envol des oiseaux emportant au loin les mauvais souvenirs du passé, préservant au passage les motivations du présent et préparant la ville pour le futur.

Les embouteillages, terme péjoratif soit-il, permettent de profiter du merveilleux spectacle que nous offre le ciel après une rude journée de travail. Voir le coucher du soleil d’une manière différente, d’un autre point de vue. Les rayons du soleil quittant cette fois-ci les branches d’arbres paresseusement, comme si ils ne voulaient jamais se séparer, comme si le prochain jour était trop loin.

Les soirées illuminées de toutes les lumières reflètent une fois de plus sa splendeur brute, que les mots ne sauraient décrire. Comme si les étoiles avaient décidé de s’installer sur terre.
Le paysage dégagé de la ville permet d’admirer un magnifique ciel étoilé dont nous pouvons nous amuser à chercher des constellations telles que la croix du Sud, observable que dans les pays de l’hémisphère Sud.

Pour admirer sa beauté sur une vue d’ensemble, nous pouvons monter sur le Panoramic, où la vue ne saurait que confirmé la beauté de Tana. Un large panorama nous est offert. Le Rova sur la plus haute colline et toutes ses petites maisons colorées qui la bordent, avec les douze collines sacrées que nous pouvons distinguer, l’entourant pour mieux le protéger.

Les deux plus hautes tours de la ville : la tour Orange et l’hôtel Carlton, s’élèvent telles deux piliers sur la ville présageant peut être un avenir plus moderne et futuriste, mais pour le moment narguant cette beauté brute que la ville possède comme deux intrus qui se seraient incrustés dans le paysage.

L’Université Charles de Gaulle, plus connu maintenant sous le nom d’Université d’Antananarivo, bâti sur les ruines du champ de tirs de l’armée française, est un ensemble d’infrastructures implanté dans une forêt de pins. Elle est la plus grande Université de Madagascar. Ses bâtiments sont tous faits de briques ou en forme de demi-tonneaux gigantesques.

Tana, la ville aux espoirs et ambitions, éveille chaque esprit en quête d’inspiration.
Tous les recoins secrets de ses rues ont vu différentes générations y trouver refuge et réconfort dans leurs moments difficiles, les utiliser comme terrains de jeu quotidien. Ces jeunes gens jonglants avec un petit citron vert, impressionnant même les plus grands, les plus jeunes dont ces petites filles qui s’amusent à taper deux pierres contre elles : c’est le jeu du « tantara » ou à les lancer et les rattraper de plusieurs manières différentes : le « tso-bato », et ceux qui glissent avec une calèche en bois qu’ils ont construite eux-mêmes. Cette joie que ces enfants éprouvent et que personne ne saurait leur enlever. « C’est dans l’amertume qu’on trouve la douceur  » dans sa pauvreté Tana garde le sourire.

Antananarivo n’a jamais perdu de sa beauté primitive. Elle le cultive et l’améliore pour offrir mieux à son futur. Antananarivo où la beauté n’a aucune limite, à chacun de découvrir son bonheur et la beauté qui lui convient dans cette magnifique ville. L’hospitalité légendaire des Malagasy ajoute encore plus à sa valeur, principale beauté d’une ville.

A Antananarivo, la ville des milles,
N Ne perdant de ses beautés,
T Trésor restant immaculé,
A Avenir de notre île.
N Nature préservée
A Assoiffée de développement,
N Nageant dans une vague d’ambition
A Attirant par sa pureté.
R Retrouvailles entre originalité et modernité,
I Infiniment remplit de ses richesses cachés.
V Vue du haut de ses tourelles,
O Oh combien Tana est belle.

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