Quand on est fils de médecins, on se destine normalement au même métier que ses parents. La voie qu’a choisi Andry Randriamanamihaja, le fondateur d’Ariary.Net, n’a rien à voir avec le serment d’Hippocrate. Très jeune il se passionne pour l’informatique. Et c’est donc tout naturellement qu’il va tourner le dos à Ankatso pour rejoindre l’ISPM et l’INSCAE.

Diplôme d’ingénieur en informatique en poche il va, à l’aube des années 2000, partir en France pour trouver l’épaisseur professionnelle qui lui manque encore. De retour dans sa ville natale Tana, il intègre comme beaucoup, la noria des entreprises offshore. Jugeant le traitement des données à la longue trop répétitif, Andry se lasse. Il a besoin de nouveaux horizons.

Le vent frais d’internet

Internet lui donne le vent d’air frais qu’il recherche. Il se spécialise dans la création de sites. Les clients arrivent. Ils sont à Madagascar mais aussi en France et en Suisse. Las ! L’aventure sur la toile tourne court.

A Madagascar, les crises sont cycliques et reviennent avec une régularité d’horloger. Nous sommes en 2002. Les efforts pour développer ses activités sur la toile ne résistent pas à la lutte des prétendants au pouvoir.

La sortie du tunnel viendra en 2004. Andry Randriamanamihaja remporte un appel d’offre de la Banque mondiale sur le “système d’information de gestion des finances publiques”.

Andry Randriamanamihaja, le fondateur d'Ariary.Net
Andry Randriamanamihaja, le fondateur d’Ariary.Net

Le projet pèse 30 millions de dollars. Andry plonge en eau profonde. Il évolue au sein du nadir des dépenses et des recettes de l’Etat. L’exploration aurait pu se poursuivre. Patatra! le “cycle” est de retour.

Les financements de l’organisation de Bretton Woods s’évaporent en même temps que la perspective d’arriver au terme de la titanesque réforme informative de la comptabilité publique. Le nouveau départ se joue, cette fois, dans le sud-ouest de la France. C’est là qu’en marge de son activité de consulting, germe dans sa tête l’idée de faire quelque chose dans le “e-commerce“. C’est décidé ce sera sa nouvelle frontière et le paiement en ligne son vade-mecum pour Madagascar.

L’éternel retour d’Andry Randriamanamihaja

En 2013, Andry rejoue “l’éternel retour”. Devant lui, une nano-bancarisation des habitants du pays et une formidable explosion du mobile monnaie. Entre les deux, un espace appelé à un bel avenir. Les ambitions n’ont pas de limites dans cette ère triomphante des startups.

La niche est réduite, mais il y a juste de quoi lancer une plateforme pour faciliter les échanges entre les utilisateurs du paiement mobile, clients et fournisseurs.

Ariary.Net voit le jour

Ariary.Net est né. Il va falloir un certain temps pour mettre en œuvre le projet et surtout pour sécuriser les transactions.

Ariary.Net, la solution de paiement en ligne
Ariary.Net, la solution de paiement en ligne

Le 1er août 2017, le check-up est réussi. Le déploiement est désormais possible. 4 mois après, Ariary.Net compte 4000 utilisateurs.

Les paiements qui transitent par la plateforme continuent à se faire grâce aux opérateurs de monnaie mobile. Mais désormais les procédures sont simplifiées. Les versements vont de 10.000 ariary à 500.000 ariary.

Les plus grosses sommes concernent le paiement des frais de scolarité dans les écoles privées. Surprenant ! Des discussions ont été d’ailleurs engagées récemment avec la Jirama. Faire la queue pour aller régler ses factures, est de plus en plus insupportable. Le taux de croissance de la startup à de quoi impressionner au regard de ses résultats depuis son lancement. De quoi aussi lui donner de l’appétit.

Le potentiel existe

Un million de comptes dans quelques années. “Le potentiel existe” insiste Andry Randriamanamihaja. Pour lui ce sont les jeunes qui feront décoller le projet. C’est la raison pour laquelle Ariary.Net cible Facebook et les Universités.

Andry, fondateur de la Fintech Ariary.net
Andry, fondateur de la Fintech Ariary.net

En attendant il va falloir tenir. Andry a pris son bâton de pèlerin pour trouver des fonds et convaincre des business angel. “C’est le plus difficile qui commence ” concède-t-il.

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