21/12/2018. JIRAMA, un bien grand mot pour le « petit peuple » en éternelle dépatouillage avec la vie. Oui, disons tout haut ce qui se marmonne tout bas : qui ne s’est jamais plaint de la qualité de services de cette société ? Le ras-le-bol se concentre essentiellement sur les délestages et les pannes techniques, des termes bien distincts pour les techniciens, mais suscitant la même réaction chez les clients : « tapaka ndray ‘nge le jiro e ! ». Bonjour le stress et la frustration.

Mais les délestages sont-ils un phénomène généralisé ? Et tous les abonnés sont-ils réellement insatisfaits de la JIRAMA ? C’est ce que nous allons voir avec ce sondage qui a vu 1 045 personnes exposer leur avis sur la JIRAMA.

Ce que pensent les Tananariviens de la JIRAMA et de ses prestations

Sondage de l’opinion des Tananariviens sur la JIRAMA
Sondage de l’opinion des Tananariviens sur la JIRAMA

Jusqu’où va la couverture de la JIRAMA chez les Tananariviens ?

Officiellement, la JIRAMA est une société semi-privée, anciennement publique, de distribution d’eau et d’électricité à Madagascar. À l’issue du sondage pourtant, 57% des enquêtes croient qu’elle est publique ! Étant donné les embrouilles suscitées autour de sa privatisation, ce n’est pas étonnant que la confusion subsiste.

Ils sont ensuite 26% à dire que la JIRAMA est une société privée et seuls 17% (soit un peu moins d’un cinquième de sondés !) savent qu’elle est une entreprise semi-privée.

Créée en 1975, la JIRAMA dessert les grandes agglomérations de Madagascar
Créée en 1975, la JIRAMA dessert les grandes agglomérations de Madagascar

En ce qui concerne la couverture en « jiro » et en « rano » dans la capitale, 77% ont répondu disposer de l’électricité, tandis que l’adduction d’eau courante s’étend parmi seulement 39% des personnes interrogées.

Le prix de l’électricité dans la capitale vu par les Tananariviens

En nous penchant sur les abonnés à l’électricité et en les interrogeant sur leur ressenti vis-à-vis de son coût, ils sont 64% à dire qu’il est vraiment très cher. Ensuite, ils sont 16% à trouver que c’est cher et seulement 3% le trouvent assez cher.

Il est aussi apparu que 9% des bénéficiaires estiment que le prix de l’électricité est normal, correct quoi, et 3% reconnaissent qu’il est assez abordable. 1%, enfin, pensent que ce prix est abordable.

Il est à noter que 3% des consommateurs ne paient pas eux-mêmes leurs kilowattheures dépensés (inclus dans le loyer, etc.).

La majorité des abonnés jugent que l'électricité est très chère à Madagascar
La majorité des abonnés jugent que l’électricité est très chère à Madagascar

Et le prix de l’eau ?

50% des abonnés à l’eau courante chez la JIRAMA estiment que son coût est très cher. Pour ce qui est des autres, 14% trouvent que son coût est cher, et 7% trouvent qu’il est assez cher.

L'eau, c'est la vie, pourtant seulement 39% des sondés disposent de l'eau courante
L’eau, c’est la vie, pourtant seulement 39% des sondés disposent de l’eau courante

Ils sont tout de même 18% à trouver que le prix est normal, 6% le jugent assez abordable et une part négligeable, soit 0,49%, le trouve abordable.

Enfin, comme avec l’électricité, certains usagers ne paient pas l’eau qu’ils consomment et ce pour diverses raisons. Ils sont 5% à être dans ce cas.

Alerte délestage !

Les fameux délestages… 52% des usagers du « jiro » avouent qu’ils subissent un délestage régulier toutes les semaines. Nous avons alors constaté que la (petite) majorité d’entre eux, à savoir 38%, subissent une coupure totalisant une à trois heures par semaine.

Pour le reste, voici comment ça se passe :

  • 24% n’ont pas de courant entre 3h et 6h par semaine
  • 18% subissent ça 9h et plus par semaine
  • 17% sont privés d’électricité entre 6h et 9h par semaine
  • et 2% le sont 1h par semaine
Plus de 9h de coupure par semaine, c'est abusé
Plus de 9h de coupure par semaine, c’est abusé

Dans le cas du service « rano », nous avons moins de victimes. Ainsi, « seuls » 34% des abonnés à l’eau potable de la JIRAMA subissent des coupures d’approvisionnement régulières et pour 41% de ce panel, les interruptions durent entre 1 et 3 heures par semaine.

Ensuite :

  • 25% subissent une interruption de 3h à 6h par semaine
  • 20% en bavent pendant 9h et plus par semaine
  • 12% sont sans eau pendant 6h à 9h par semaine
  • et seuls 1% sont affectés 1h par semaine
À défaut d'eau courante, on se rabat sur les fontaines publiques
À défaut d’eau courante, on se rabat sur les fontaines publiques

En conclusion, que pouvons-nous dire sur ce sondage concernant la JIRAMA ?

De prime abord, nous pouvons déjà remarquer que l’électricité possède plus d’abonnés que l’eau potable dans la capitale. En effet, si un peu moins du quart seulement des sondés n’ont pas l’électricité chez eux, ils sont pratiquement 2 sur 3 à ne pas avoir de l’eau courante. En fin de compte, aussi abjectes soient les conséquences des délestages et des majorations de prix, la JIRAMA est et reste un fournisseur de service public incontournable.

Pour les abonnés d’ailleurs, soit 77% pour l’électricité et 39% l’eau, les tribulations de la JIRAMA entraînent une insatisfaction permanente et des réclamations récurrentes demandant une amélioration de la qualité globale de ses services. Soyons tout de même justes et notons que 47% des abonnés ne subissent pas de coupure d’électricité (63%, pour l’eau).

Quand ça coupe, faut faire avec
Quand ça coupe, faut faire avec

Mais tout de même, et c’était à prévoir, l’exaspération des Tananariviens est palpable et tout à fait justifiée sachant les conséquences des délestages à outrance et les prix qui gonflent.

Sur l’électricité par exemple, ils sont 25% à être insatisfaits, 24% à être très insatisfaits et 15% à être assez insatisfaits. En face, 18 % admettent être satisfaits, 11% assez satisfaits et ils ne sont que 5% à être très satisfaits.

Quant à l’eau, ils sont de 21% à être très insatisfaits, idem pour les insatisfaits (21%) et 14% à être assez insatisfaits. De l’autre côté, 22% sont satisfaits, 14% sont assez satisfaits et 7% très satisfaits.

Terminons sur une note positive en soulignant que malgré tout, la JIRAMA garde sa légitimité aux yeux de ses clients. Ainsi, interrogés au sujet des vols d’électricité et/ou d’eau auxquels s’adonnent certaines personnes peu scrupuleuses, ils ont été 87% à condamner fermement ces larcins. Pour le reste, 8% les comprennent, 3% n’ont pas d’opinion dessus et seulement 1% les considèrent comme un juste retour des choses.

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