Fruits et légumes à Madagascar : les Malgaches achètent plus de fruits que de légumes

16/08/2019. Les publicités de nourritures bien grasses se donnent bonne conscience en nous rappelant de manger 5 fruits et légumes par jour. Évidemment, pour les manger il faut d’abord les acheter, ce qui est une toute autre paire de manches. À Madagascar, pays des fruits et légumes bio, on ne pense pas que ce soit vraiment la mer à boire, cependant, le sondage que nous avons réalisé auprès des Tananariviens sur l’achat de fruits et légumes dans la capitale, pourrait vous en faire voire des vertes et des pas mûres…

Résultat de ce sondage sur l’achat de fruits et légumes à Madagascar

Près de 15% des Malgaches n’achètent pas de fruits et légumes

La première question que nous avons posé aux sondés leur demande s’ils achetaient des fruits et légumes. Pour ce qui est des fruits, 87% ont confirmé en acheter contre 13% qui ont répondu par la négative. Les légumes sont sans doute moins appréciés que les fruits car 86% ont confié en acheter tandis que 14% non.

Ceux qui n’en achètent pas justifient ce choix comme suit :

FruitsLégumes
Je n’aime pas ça8%7%
Je n’ai pas de temps pour faire les courses85%86%
Ce n’est pas très abordable7%7%

Les Malgaches achètent des légumes plus souvent

Pour la fréquence d’achat, nous avons remarqué que les Tananariviens achetaient plus fréquemment des légumes que de fruits. En effet, si 44% des Malgaches achètent des fruits tous les jours, 45% en font de même pour les légumes. 2 à 3 fois par semaine, 41% se ravitaillent en légumes tandis que 49% font le plein de fruits. Les achats d’une fois par semaine sont à ex-æquo avec 6% de chaque.

Certains consommateurs font leurs courses en fruits moins souvent, à savoir toutes les deux semaines (1%), 2 à 3 fois par mois (7%) et 1 fois par mois (1%).

Comparés aux fruits, les légumes sont achetés plus fréquemment à Madagascar
Comparés aux fruits, les légumes sont achetés plus fréquemment à Madagascar

Sur quels critères sélectionne-t-on ses fruits et légumes à Madagascar ?

Ici la question se pose aux adeptes du « ataovy an’ito madama aa« , et donc pour savoir ce qui fait que les Tananariviens choisissent un fruit ou un légume et pas un autre. Les réponses accordent les choix multiples.

Il en va de soit, le premier critère de sélection des Malgaches est la fraîcheur du produit, approuvé par 85% des sondés.

Chez nos amis les fruits et les légumes, ce n’est pas la beauté intérieure qui compte parce que plus de la moitié des Malgaches (52% pour les fruits et 53% pour les légumes) ont affirmé qu’ils choisissaient ces produits selon leur aspect.

À Madagascar, nous supposons que ce critère ne s’applique pas aux bananes car au pays on dit que plus une banane a de « tai-parasy » (traduisez crottes de puces, pour désigner les taches rousses sur le fruit) plus elle est sucrée. Cette affirmation n’est pas fausse, car les tâches brunes sont, en fait, provoquées par le sucre contenu dans le fruit, ainsi plus la banane est sucrée, plus elle est tachetée.

Ensuite, le choix se fait selon le prix à 13% pour les fruits et à 15% pour les légumes. En effet, à Antananarivo, les prix peuvent varier d’un vendeur à un autre, comme d’un tsena à un autre. Que ce soit pour les fruits ou les légumes, Anosibe reste le marché le plus abordable, car on y retrouve surtout des grossistes. Il est suivi par le marché d’Andravoahangy, d’Analakely et enfin celui du jeudi à Mahamasina. Par exemple, si vous achetez un bouquet de brocolis à Anosibe, il vous coûtera en moyenne 500Ar, à Andravoahangy 1000ar, à Analakely environ 3000ar et enfin à Mahamasina, vous devrez débourser entre 4000 et 5000ar.

Le prochain critère de sélection est la variété, selon 7% des Tananariviens pour les fruits et 6% pour les légumes, suivi par l’origine géographique du fruit (2%) et du légume (1%).

Les dépenses n’excèdent pas les 5000ar

Une fois les légumes et les fruits choisis, il est maintenant question de les acheter, mais combien dépenser ? Pas beaucoup, selon les Tananariviens. Jugez-en par vous-même :


Fruits Légumes
500 ar et moins 2% 2%
501 ar à 1 000 ar 30% 19%
1 001 ar à 1 500 ar 31% 22%
1 501 ar à 2 000 ar 17% 23%
2 001 ar à 3 000 ar 16% 30%
3 001 ar à 4 000 ar 2% 2%
4 001 ar à 5 000 ar 2% 2%

Oui, ce n’est pas énorme, car il faut rappeler que nous, Malgaches, avons la chance d’avoir des fruits et légumes à prix raisonnables sur le marché. Aujourd’hui, le kilo de pommes de terre n’excède pas les 2000ar, et peut même descendre à 800ar à Antsirabe et selon la période de l’année. Les carottes et les haricots verts s’achètent environ à 2000ar. Du côté des fruits, les fruits de saison peuvent aller de 1000ar à 2500ar le kilo, les bananes se vendent entre 1000 et 2000ar le kilo, mais tout cela, encore une fois, selon votre localité et la période de l’année à laquelle vous faites votre achat. Cependant, les fruits et les légumes sont beaucoup plus chers dans la région Nord de l’île, voyant leurs prix doubler voire être multipliés par 3.

Rien ne vaut les « tsena » pour s’approvisionner en fruits et légumes

C’est ce que semblent vouloir dire les Tananariviens au vu de leurs réponses à notre question : « où achetez-vous vos légumes ? ». Il nous est alors apparu que les marchés avaient énormément la cote pour ce qui est des achats de ces produits, raflant 95% pour les fruits et 98% pour les légumes. Ils sont suivis par les magasins de proximité qui emportent 29% des voies pour les fruits et 17% pour les légumes. Solution moins onéreuse, mais qui semble être moins prisée par les Tananariviens, acheter directement auprès des producteurs est opté par 3% de nos sondés pour les fruits contre 1% pour les légumes. Le plus faible pourcentage a été enregistré auprès des supermarchés qui ne voient que 1% de la population qui achètent des fruits et légumes. Cette question a été proposée avec des choix multiples.

D’accord, mais les Tananariviens sont-ils satisfaits du rapport qualité/prix de leurs produits ? Ceux qui achètent directement aux producteurs confient être très satisfaits à 33% de leurs achats en fruits et légumes, satisfaits à 59% et une minorité de 9% qui se dit insatisfaite du rapport qualité/prix.

Pour ceux qui est des magasins de proximité, 33% des consommateurs de légumes se disent très satisfaits de leurs achats et un peu moins du côté des fruits, à hauteur de 15%. 80% des Tananariviens qui s’y approvisionnent en fruits sont tout de même satisfaits, contre 59% en légumes. 4% des Malgaches sont insatisfaits par les fruits proposés dans les magasins de proximité, le double dans le cas des légumes. En plus, 1% de nos sondés affirment être très insatisfaits quant au rapport qualité/prix de ce fournisseur en fruits.

Les « tsena » sont plus appréciés, avec 28% de consommateurs en fruits très satisfaits et 56% en légumes. Plus de la moitié des acheteurs se disent satisfaits : ils sont 66% pour les fruits et 58% pour les légumes. 6% des interrogés se sont accordés pour dire qu’ils sont insatisfaits dans les deux cas.

Les consommateurs dans les supermarchés sont peu nombreux, mais ils sont, de manière générale, contents de leurs achats : 20% sont très satisfaits des fruits tandis que le reste (80%) se dit satisfait. Du côté des légumes, 40% des Tananariviens se disent très satisfaits, les 60% restants se disent satisfaits.

Conclusion de ce sondage sur l’achat de fruits et légumes à Madagascar

Pour ma part, je rejoins l’avis général en achetant plus de fruits que de légumes. Pour m’approvisionner, je fais partie de la minorité qui opte pour les supermarchés, faute de temps à cause de mon rythme de vie. Contrairement à ce que l’on puisse penser, les prix et les goûts ne diffèrent pas tellement de ceux trouvés sur les marchés. Mise à part cette option, je conseille également les achats chez les producteurs, une occasion pour vous de faire le plein en produits complètement bio, mais aussi de donner un petit coup de pouce aux agriculteurs locaux.

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Sitraka Andrianivoson
Sitraka Andrianivoson
Éprise des mots et addict aux romans policiers, j'ai vogué d'aventure en aventure avant de renouer avec mon premier amour en rejoignant l'équipe déjantée de la revue Stileex. Rallier ma passion pour l'écriture et mes études en communication, j'ai trouvé mon Eldorado!