05/08/2019. Lorsque le mariage est évoqué, la première scène nous venant à l’esprit est celle de l’église où sont réunis les invités, la mariée vêtue en princesse et le marié qui la regarde avec des étoiles plein les yeux. Mais pour les Malgaches, outre cette scène romantique, c’est l’aspect religieux qui compte le plus. Oui, mais à quel point ? Pour répondre à cette question, nous avons arpenté les avenues d’Antananarivo et avons sollicité ses habitants pour participer à ce sondage sur leur perception du mariage religieux à Madagascar.

Le mariage religieux à Madagascar perçu par les Tananariviens

L’avis général des habitants d’Antananarivo sur le mariage religieux à Madagascar
L’avis général des habitants d’Antananarivo sur le mariage religieux à Madagascar

Les Malgaches et leur principe religieux sur le mariage

Avant cette union religieuse il y a bien sûr eu le mariage civil, mais derrière l’aboutissement de ces deux célébrations se sont cachés les principes traditionnels respectés des deux partis, leurs croyances respectives et enfin la bénédiction des familles. Bien que 96% de nos sondés ont affirmé que le mariage religieux était important pour eux, ils avaient tous leurs propres préceptes qui pouvaient influencer sur leurs choix en matière de conjoints.

L’union interreligieuse

Nous ne sommes pas sans savoir que la diversité des croyances porte la plupart du temps à querelles, surtout dues aux fondements sur lesquels elles se tiennent. Il est alors compréhensible que l’union entre deux individus de convictions différentes soit souvent compliquée.

Nous avons interrogé ceux que nous avons croisés si le mariage interreligieux était prohibé dans leur famille. 11% ont acquiescé et 89% ont dit que non, qu’elle n’était pas particulièrement exigeante vis-à-vis de ce critère tant que leur choix restait dans le domaine du raisonnable.

Quand nous avons sollicité leur avis personnel sur le sujet, s’ils étaient contre ce genre d’union, 14% étaient formellement contre. Les autres (86%) étaient plus tolérants et ont proféré que c’est avant tout l’amour qui compte, qu’il faut accepter le conjoint qu’on s’est choisi tel qu’il est, croyance ou non.

Pour les Malgaches, le mariage religieux n’est pas une chose à prendre à la légère
Pour les Malgaches, le mariage religieux n’est pas une chose à prendre à la légère

Dans la même optique, nous leur avons demandé s’ils étaient prêts à changer de religion pour leur moitié. Chez les femmes, 56% y consentaient, 42% préféraient garder leur foi et 2% ne savaient pas trop. Du côté des messieurs, les chiffres ne sont pas loin de ceux-là, 48% de oui, 49% de non et 3% sont restés sans réponses.

Le mariage religieux homosexuel

Toujours sujet à controverse, l’homosexualité à Madagascar est très peu tolérée dans les religions, pour ne pas dire quasiment repoussée. Il existe toutefois des exceptions.

Pour ou contre ?

Comme nous savons qu’en dehors des religions, les traditions locales ne voient pas non plus l’homosexualité d’un bon œil. Une bonne partie des habitants de Madagascar sont alors très peu réceptifs au sujet.

Juste pour vous donner une petite idée sur l’ampleur de cette appréhension qu’ils portent à l’égard de l’union de deux individus de même sexe, 95% des habitants d’Antananarivo sont absolument contre le mariage religieux homosexuel, donc seuls 5% l’approuvent.

Le mariage religieux homosexuel : non approuvé par la quasi-totalité des Malgaches
Le mariage religieux homosexuel : non approuvé par la quasi-totalité des Malgaches

Les raisons de cet avis négatif ?

Selon la plupart de nos sondés, ce genre de mariages serait contre nature (55%). Il y a aussi ceux qui évoquent la raison selon laquelle cet acte va à l’encontre des fondements de leur religion (33%). D’autres nous disent que c’est non conforme à la culture malgache (12%).

Les possibles réactions

Juste pour jauger leur seuil de tolérance, nous leur avons demandé comment réagiraient-ils s’ils se faisaient inviter au mariage religieux d’un proche homosexuel. Certains (8%) y iront sans hésitation, d’autres (2%) y iront juste par politesse et par respect. Il y a aussi ceux qui y iront tout en affichant leur désaccord (1%) et aussi ceux qui n’iront qu’à la réception qui succédera au culte (2%).

Les plus radicales, qui avec leur 86% constituent la majeur partie de nos sondés, n’iront tout simplement pas.

D’autres critères sur les mariages en dehors de l’aspect religieux

En plus de la religion, l’origine des deux parties peut être source de désaccord au sein de leurs cercles familiaux respectifs. Par exemple, les histoires de castes. Il faut dire que sur ce point les Malgaches sont bien plus flexibles, car 79% de nos sondés nous ont confié que leur famille n’interdit pas les unions inter-castes. Donc il n’y a que quelque 20% des familles malgaches qui se montrent exigeantes envers ce critère.

Si l’on n’évoque que l’avis personnel de nos sondés, les chiffres sont les mêmes. 79% sont pour, 20% sont contre et 1% ont préféré ne pas répondre.

Un dernier point sur lequel notre curiosité s’est portée, la dot. Ces biens qu’une des familles apporte au patrimoine de l’autre. Juste pour assouvir cette curiosité, nous leur avons demandé s’ils approuvaient les requêtes de dot dans les mariages. 81% se sont dit d’accord sur le sujet, mais 19% ont montré de la réticence.

Les ethnies, un autre facteur qui peut jouer sur l'aboutissement ou non d'un mariage
Les ethnies, un autre facteur qui peut jouer sur l’aboutissement ou non d’un mariage

Je pense qu’il n’est pas particulièrement utile de résumer ce sondage sur la perception du mariage religieux à Madagascar, les chiffres témoignent eux-mêmes du fait que les Malgaches sont flexibles sur les histoires de caste, un peu moins sur les différences de religions et très peu (pour ne dire pas du tout) sur l’homosexualité.

Et vous ? Partagez-nous en commentaires vos avis, vos principes ou quelques petites anecdotes sur le sujet.

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