25/01/19. Quand on parle de planning familial, les méthodes contraceptives viennent forcément en corollaire. Si certains en parlent un chouia rouges et gênés, d’autres, au contraire, s’expriment sans complexe. Alors, entre pilules, stérilets et autres bidules contraceptifs, nous avons voulu savoir lesquels sont les plus populaires auprès des Tananariviens, et comment ils conçoivent le planning familial à Madagascar.

Pour connaître la réponse, nous avons conduit un sondage auprès de 860 personnes dans les rues d’Antananarivo. Et c’est une grande première, car aucun résultat de sondage sur le planning familial à Madagascar n’est entièrement accessible au public sur internet. Alors, régalez-vous !

Vue d’ensemble du planning familial par les Tananariviens

Les habitudes « contraceptives » et le planning familial vu par les Tananariviens
Les habitudes « contraceptives » et le planning familial vu par les Tananariviens

Le type de planning familial le plus connu dans la capitale

Le type de contraception le plus connu par les Tananariviens est le contraceptif par injection : ils sont précisément 65% des sondés à le connaître.

Les contraceptifs injectables sont connus par 65% des Tananariviens
Les contraceptifs injectables sont connus par 65% des Tananariviens

Pour les autres types de contraception, les résultats se présentent comme suit :

  • les contraceptifs oraux sont connus par 58% des Tananariviens
  • les implants sont connus par 41%
  • les préservatifs masculins par 40%
  • les stérilets/DIU par 34%
  • les méthodes des jours fixes par 26%
  • les préservatifs féminins par 25%
  • la stérilisation féminine (ligature) par 12%
  • la stérilisation masculine (vasectomie) par 7%
  • le retrait par 6%

À noter que les autres types de contraceptifs comme l’anneau vaginal, le patch, ou encore le spermicide ne sont pas encore très populaires à Madagascar. Et à noter aussi qu’ils sont tout de même 13% à ne connaître aucun des types de planning familial dispo à Madagascar.

Nous avons aussi voulu savoir qui ont déjà utilisé un moyen de contraception. Il s’est ainsi avéré que 38%, soit presque 2 personnes interrogées sur 5, en ont déjà fait usage. Ensuite, 57% ont affirmé n’en avoir jamais utilisé de leur vie, et les 5% restants n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet.

Parmi ceux qui n’en ont jamais utilisé, 56% affirment ne pas en avoir besoin, tout simplement. 28% trouvent ensuite que c’est mauvais pour la santé et 12% ont sorti de but en blanc qu’ils n’étaient pas intéressés. Enfin, 1% évoquent des questions d’allergies.

Focus sur ceux qui utilisent les moyens de contraception

Nous avons porté notre attention sur ceux qui recourent au planning familial à savoir les 38% des personnes interrogées et il se trouve, déjà, que 57% d’entre eux avouent avoir préalablement demandé l’avis d’un docteur avant de prendre un contraceptif. Quant à ceux qui ont sauté la case médecin, ils sont 36% (7% ont préféré ne pas répondre).

Toujours parmi ceux qui ont déjà utilisé au moins un contraceptif, une petite majorité de 31% a opté pour le préservatif masculin. Pour les autres méthodes, les résultats se présentent comme suit :

  • 28% : contraceptifs injectables
  • 15% : contraceptifs oraux
  • 11% : méthodes des jours fixes
  • 10% : les stérilets/DIU
  • 8% : implants
  • 3% : préservatifs féminins
  • 1% : méthode du retrait
  • 1% : ligature des trompes
Le préservatif masculin est le contraceptif n°1 des Tananariviens, suivi, pas loin, par les contraceptifs injectables
Le préservatif masculin est le contraceptif n°1 des Tananariviens, suivi, pas loin, par les contraceptifs injectables

Les contraceptifs utilisés pour espacer les naissances

Toujours en considérant le panel d’utilisateurs de méthodes contraceptives, on s’aperçoit que 55% ont opté pour une méthode contraceptive pour programmer les naissances. Par la suite, 32% voulaient juste éviter une grossesse, et enfin 23% voulaient se protéger des MST.

Parmi ceux qui utilisent la contraception pour espacer les naissances, il s’avère que 40% optent pour les contraceptifs injectables. Les autres moyens utilisés par ce groupe d’utilisateurs arrivent loin derrière. Voyez plutôt :

  • les contraceptifs oraux : 16%
  • les stérilets/DIU : 14%
  • les préservatifs masculins : 14%
  • les implants : 12%
  • les méthodes des jours fixes : 10%
  • les préservatifs féminins : 3%
  • le retrait : 1%

Conclusion de ce sondage sur le planning familial à Madagascar

Ce sondage nous a montré tout d’abord que les contraceptifs injectables et les contraceptifs oraux sont les plus communément connus des Tananariviens. Ils sont respectivement 65% et 58% à connaître l’existence de ces types de méthodes de planning familial à Madagascar.

Pour ce qui est de l’utilisation, 57% des Tananariviens en âge de procréer n’ont jamais utilisé de moyen de contraception. La principale raison évoquée étant qu’ils n’en ont tout simplement pas besoin (56% se sont exprimé ainsi !).

Par la suite, parmi ceux qui n’utilisent pas de méthode contraceptive, il y a tout de même 28% des sondés qui pensent que c’est mauvais pour la santé. Dans la tête des concernées, on comprend qu’il s’agisse surtout d’une crainte d’éventuels effets secondaires liés aux hormones : prise de poids, risque d’infertilité, etc. D’où, je dis, la nécessité de consulter l’avis d’un médecin avant.

Autre fait qui mérite notre attention : les individus qui sont déjà passés par la case contraception l’ont principalement fait pour réguler les naissances (ils sont précisément 55% à l’avoir affirmé) et les contraceptifs injectables sont leur moyen préféré pour cela. Il faut dire qu’avec une piqûre tous les 3 mois, on ne peut pas faire plus pratique (du « shoot and forget » quoi, xD).

Dans les zones enclavées, les barrières culturelles constituent toujours un frein au planning familial et donc à la limitation des naissances
Dans les zones enclavées, les barrières culturelles constituent toujours un frein au planning familial et donc à la limitation des naissances

Selon Marie Stopes Madagascar, en 2016, 33% des femmes malgaches en âge de procréer ont eu recours aux méthodes de contraception (à Antananarivo, ce taux est de 50%). Une situation encourageante quand on sait que ce taux est de 20% en moyenne dans le reste de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, il est ressorti de notre sondage que presque 3 Tananariviens sur 5 (59%) pensent que le planning familial devrait être mieux connu à Madagascar. 79% parmi ceux qui utilisent une ou plusieurs méthodes de planning familial pensent la même chose, de même que 42% de ceux qui n’en utilisent pas.

En tout cas, l’objectif de Madagascar est d’atteindre les 50% de femmes utilisant des méthodes contraceptives d’ici 2020.

Note de la rédaction : Vous avez une question sur Madagascar qui vous turlupine ? Un sujet qui vous démange ? N’hésitez pas à le poster dans les commentaires, nous l’inclurons sûrement dans nos prochains sondages ! Vous pouvez également en parler sur le forum directement !

Retrouvez également ici tous les sondages et études statistiques menés par l’équipe Stileex à ce jour.

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