25/06/2019. Le peuple de Madagascar est réputé pour sa grande sagesse, depuis bien des siècles. Nos ancêtres, aînés et autorités étatiques à chaque niveau ont inculqué à chacun de nous que l’imitation d’une propriété individuelle d’autrui est un acte de vol, et qu’il peut être puni par les lois en vigueur. Cependant, dans la société où nous vivons actuellement, les malgaches ne tiennent-ils toujours compte des leçons des ancêtres et ainés ? Ou préfèrent-ils la facilité comme avec les produits et les marques contrefaits. Stileex Post s’est donc engagé à faire un focus sur les produits de contrefaçon à Madagascar, avis des Tananariviens.

L’avis des Tananariviens sur les produits de contrefaçon à Madagascar

L'avis des Tananariviens sur les produits de contrefaçon à Madagascar
L’avis des Tananariviens sur les produits de contrefaçon à Madagascar

Achat de produits de contrefaçon à Madagascar : la majorité des Tananariviens l’assume

En effet, 71% des Tananariviens rencontrés lors de notre sondage ont avoué avoir déjà acheté des produits contrefaits. Pour les 29% restants, ils refusent d’en acheter ou tout juste d’en utiliser. Ainsi, nous avons demandé à ces Tananariviens la raison pour laquelle ils y sont réticents. D’après 59% de ces sondés, les produits de contrefaçon sont toujours de mauvaise qualité, à Madagascar ou ailleurs. 32% d’entre eux aussi pensent qu’ils n’ont pas vraiment d’intérêt à acheter ce genre de produits de luxe et de technologie.

Évidemment, le coût de la vie et le pouvoir d’achat (4%), ou encore le respect de la loi (1%) et la peur de favoriser les réseaux criminels (1%) pèsent beaucoup dans le jugement du bon citoyen Tananarivien qui s’abstient d’acquérir des produits contrefaits.

La téléphonie mobile et la lingerie sont les plus recherchées

Nous sommes au 21è siècle, et la communication est l’un des axes primordiaux de la société dans laquelle nous vivons. Tout le monde ressent le besoin de se munir d’au moins un téléphone portable. Et puisqu’aujourd’hui, le Tananarivien recherche toujours le dernier cri de la nouvelle technologie, mais avec un budget restreint, 29% des citoyens de la capitale de Madagascar ne peuvent jouir que des téléphones contrefaits.

La téléphonie mobile remporte la palme des produits de contrefaçon les plus prisés à Madagascar
La téléphonie mobile remporte la palme des produits de contrefaçon les plus prisés à Madagascar

Mais il n’y a pas que la téléphonie mobile qui attire. Selon les statistiques que nous avons recueillies auprès des 22% des habitants de la ville, la chemiserie, la lingerie et autres accessoires vestimentaires sont très prisés.

Au premier coup d’œil sur les résultats de nos sondages, des chiffres de 11% nous révèlent que les Tananariviens achètent aussi des appareils électroniques et électroménagers de contrefaçon, ainsi que des produits de beauté (14%). Jusqu’à maintenant, 8% des citoyens de Tana qui achètent illégalement des CD et DVD comme on dit ici « piratés », même si les artistes, producteurs, et même les autorités locales se donnent la main pour lutter contre le fléau de la piraterie.

Les raisons influentes sur l’achat de produits de contrefaçon à Madagascar

Les habitants de la Ville des Mille ne se soucient plus vraiment du vrai produit et celui contrefait. La moitié et même plus (57%) pense qu’il n’y a aucune différence entre les produits de contrefaçon et les vrais à Madagascar. Une bonne raison selon eux d’acheter des reproductions.

D’autres Tananariviens, à 29%, se justifient en évoquant la différence des prix, où le contrefait est largement moins cher. Et même que 10% des personnes sondées offrent des produits de contrefaçon en cadeau. N’oublions pas non plus ces personnes qui veulent toujours porter et avoir des produits de marque, mais qui ne veulent rien dépenser… ils sont à la hauteur de 4% au total.

On ferme les yeux sur le portefeuille pour des produits de contrefaçon à Madagascar

Vous serez surpris de voir qu’une personne arrive à débourser jusqu’à 400.000 Ariary rien que pour l’achat d’un seul produit de contrefaçon à Madagascar. D’après les chiffres entre nos mains, 4% des citoyens de Tana dépensent au maximum entre 200.001 Ariary et 400.000 Ariary.

Mais en moyenne, un peu plus du quart de la population (27%) paye une somme entre 60.000 Ariary et 100.000 Ariary. Les 21% osent même monter un peu plus, jusqu’à 200.000 Ariary, si certains, à 23% préfèrent rester sur un plafond de 60.000 Ariary. Pour les portefeuilles plus modestes (25%), ils ne décaissent qu’entre 10.000 Ariary et 30.000 Ariary.

Pendant ces 12 derniers mois, un peu moins de 6 Tananariviens sur 10, soit 58% des sondés ont acheté au moins un produit copié. Les citoyens de la Ville des Mille vont très fort sur les produits d’imitation, comme le confirment les 39% des habitants sondés qui ont déjà acquis entre 2 à 5 produits en un an. Seulement 2% des personnes rencontrées ont obtenu au maximum 10 différents produits en une année. Essentiellement, les marques et produits étrangers sont les plus appréciés et bien évidemment les plus copiés, plutôt que les produits « vita Malagasy ».

C’est difficile de savoir si c’est un produit de contrefaçon ou non

Il ne faut pas toujours croire que les Tananariviens achètent tout et n’importe quoi de leur plein gré, surtout pour les produits de contrefaçon. En fait, selon les citoyens d’Antananarivo qui ont répondu à nos questions, la quasi-totalité des résidents de la capitale (85%) a déjà acheté des produits contrefaits, mais sans pour autant le savoir.

Les 41% de ces citoyens ont déjà vécu plusieurs fois la même histoire, si 44% ne l’on subi qu’une fois seulement dans leur vie. De l’autre côté, il y a aussi 13% des habitants de la ville qui affirment ne jamais se payer un ou plusieurs reproductions sans le savoir. Cela ne veut pas non plus dire que ces derniers ne s’offrent pas de produits copiés.

Mais heureusement, les produits d’art Malagasy ne sont pas spécialement visés par les acheteurs, même s’il faut l’admettre, les producteurs et vendeurs de produits de contrefaçon à Madagascar n’hésitent pas imiter et copier les oeuvres originales de leurs propres confrères.

Il est, certaines fois difficile de ne pas reconnaître les produits de contrefaçon, surtout qu'à Madagascar, ce n'est pas l'inspiration qui manque
Il est, certaines fois difficile de ne pas reconnaître les produits de contrefaçon, surtout qu’à Madagascar, ce n’est pas l’inspiration qui manque

Les Tananariviens sont très confus sur les produits de contrefaçon à Madagascar

Dans la capitale de la Grande Île, voire dans tout Madagascar, la définition de ce qu’est vraiment la contrefaçon reste encore assez floue pour les malgaches. Pire encore, les Tananariviens ne peuvent encore concevoir les divers aspects, négatifs surtout, apportés par les produits contrefaits. Il vous suffit de voir les réponses sur l’infographie téléchargeable un peu plus haut. D’après les Tananariviens, la contrefaçon c’est :

  • dangereux vis-à-vis de la loi : 25%
  • de mauvaises conditions de travail : 18%
  • de toute façon, on voit que c’est du faux : 17%
  • alimenter l’économie souterraine et les trafics : 13%
  • dégrader l’image de la marque et voler les entreprises : 9%
  • une destruction d’emplois : 9%
  • acheter un produit de mauvaise qualité qui ne durera pas longtemps : 6%
  • une manière de lutter contre la vie chère : 3%

Sur le plan judiciaire, les Tananariviens ne mesurent pas du tout les risquent auxquels ils s’exposent en achetant, en vendant ou encore en produisant des produits de contrefaçon à Madagascar. Lors de notre sondage, sur une échelle de 1 à 10, il y a un peu plus de 7 personnes, soit 71%, qui sont convaincues que ce sont les producteurs de contrefaçon qui risquent le plus. Mais il ne faut pas fermer les yeux sur les vendeurs (25%) et les acheteurs (4%), puisqu’ils font aussi partit du trafic.

Peu connaissent encore les risques à encourir en cas de contrefaçon
Peu connaissent encore les risques à encourir en cas de contrefaçon

Les produits de contrefaçon, c’est principalement dans la rue

Vous avez sûrement remarqué que dans le centre-ville ou dans les périphéries, les vendeurs ambulants, ce n’est pas ce qui manque. Ces derniers se disputent les meilleures places dans les rues, ruelles, et même sur les trottoirs pour pouvoir vendre le plus de faux produits.

Et selon toujours les Tananariviens qui ont été sondés, le quart (25%) achète les produits contrefaits chez les petits revendeurs de rue. Ces différents produits copiés sont aussi en vente dans des boutiques chinoises et boutiques malgaches (38%), la plupart sont des franchises. Nous avons déjà vu plus haut que les citoyens (17%) achètent des reproductions sur les différents marchés de la ville.

Pour conclure ce sondage

À première vue, le fléau des produits de contrefaçon à Madagascar est encore loin d’être éradiqué. C’est aussi pour cela que les 63% des Tananariviens sondés ont accusé l’État de ne pas faire d’efforts. Les 36% autres, à part le 1% qui n’a émis aucun avis, pensent que les autorités de la Grande Île se donnent la main pour combattre la contrefaçon. Je suis personnellement touché d’abord par l’espoir que la population (même si ce n’est pas la totalité) accorde à l’État. Mais aussi les efforts que ce dernier fait pour son peuple. Bien évidemment, le pouvoir d’achat d’une personne lambda ne cesse de diminuer, et le rythme de vie devient de plus en plus pénible. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se rabaisser aux produits de contrefaçon à Madagascar. Tout commence par une bonne éducation civique.

4 Commentaires

  1. Je trouve que si les consommateurs n’achètent pas ces produits, ils ne seront plus en vente aux marchés. Malheureusement, de nombreuses personnes préfèrent acheter des produits de contrefaçon, car ils sont moins chers, et vu le coût de la vie, c’est plus raisonnable.

    • Tatianah Tiavintsoa Tatianah Tiavintsoa

      Tu as raison @Hoby, certes nombreux d’entre nous préfèrent les produits de contrefaçon parce qu’ils sont moins chers. Mais la plupart des Malgaches ne comprennent pas que ce fléau cause la diminution des recettes de l’État de façon permanente et endommage notre économie.

  2. Les trois quarts des commerçants vendent des vrais à des prix de fou. Ça s’appelle du vol, de l’escroquerie. Personne ne fait rien dans ce pays, un fléau mondial. À l’heure du développement, il serait temps de mettre les choses en règles, qui rapporterait pas mal d’argent à l’État, déjà la diminution du commerce en sous-marin : ces milliers de vendeurs non déclarés, boutiques, y compris personnels au noir et j’en passe, des recettes par milliards à récupérer pour une économie plus juste et prospère. J’attends des réponses à ce sujet, mais de qui ?

    • Tsiry Razafindrazaka Tsiry Razafindrazaka

      Bien le bonjour Georgio !
      Je suis totalement du même avis que vous sur le fait qu’il faut dorénavant régulariser le système commercial et économique à Madagascar. L’État ainsi que les diverses organisations et associations internationales se cassent la tête à lutter contre la contrefaçon. Mais ces derniers n’y arriveront pas seuls.

      Nous, simples citoyens de Madagascar, simples citoyens du monde…aidons notre pays, et n’acceptons tout simplement plus les produits contrefaits. Comme je l’ai déjà mentionné dans le sujet, il faut une bonne éducation civique. Si la population refuse d’acheter des contrefaits, le fléau disparaîtra en un rien de temps.

      Mais pour les vrais produits vendus à des prix insensés à Madagascar, notre équipe d’investigateurs est déjà sur le coup actuellement. Donc restez toujours connecté Georgio !

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