12/02/2019. Qui ne s’est jamais plaint des transports à Antananarivo ? Qu’il s’agisse de l’irrespect des passagers et de l’équipage, de l’hygiène (ou plutôt du manque d’hygiène), ou encore de la lenteur des bus, la liste des griefs est longue comme mon bras et les raisons de se plaindre sont nombreuses. Mais pensez-vous qu’il en est de même pour le transport national ?

Le sondage d’aujourd’hui concerne le transport national vu depuis la capitale par les Tananariviens. Une auscultation qui aura concerné 900 enquêtés, interrogés dans la rue.

Récapitulatif de l’opinion des Tananariviens sur le transport national

Le résultat du sondage sur l'avis des Tananariviens sur le transport national
Le résultat du sondage sur l’avis des Tananariviens sur le transport national

Est-ce que les Tananariviens sont des habitués du transport national ?

Eh bien, notre sondage révèle que près de la moitié des Tananariviens ont déjà voyagé sur des lignes nationales, soit 49%.

Pour ce qui est de la fréquence des déplacements, il est apparu que presque les 2/3 des voyageurs nationaux, soit 61%, voyagent une fois par an en taxi-brousse sur les lignes nationales. Ensuite, 18% partent en voyage 2 fois par an et seulement 8% utilisent les transports nationaux 3 fois par an.

Le reste des suffrages ne représente qu’une petite part découpée comme suit :

  • 4% : une fois par mois
  • 3% : une fois par semaine
  • 2% : 4 fois par an
  • 1% : 5 fois par an
  • 1% : 6 fois par an et plus
  • 1% : plus d’une fois par mois
  • 1% : moins d’une fois par an

Les raisons de ces voyages se concentrent essentiellement sur le plaisir et la détente, vu que 62% des voyageurs se tournent vers le transport national pour aller en vacances. Ensuite, deuxième raison de voyage, 23% empruntent les lignes nationales pour aller assister à un événement familial tandis que, troisième raison, 13% le font pour le travail. Nous remarquons que seulement 1% justifient leur déplacement en lignes nationales par leurs études.

Avec une route en si bon état, c'est  « bonne route » littéralement
Avec une route en si bon état, c’est « bonne route » littéralement

Notons que parmi ceux qui ont déjà voyagé sur les lignes de notre transport national, 26% utilisent une coopérative fixe et 59% ont l’habitude de faire des réservations.

La qualité de service du transport national

Le confort des voitures

Questionnés sur le confort des taxis-brousse, 46% des voyageurs interrogés nous ont répondu que les voitures des coopératives sont confortables.

Ensuite, 37% considèrent qu’elles ne sont que relativement confortables, tandis que 16% nous ont au contraire affirmé que les véhicules du transport national ne sont pas du tout confortables.

Le nombre de véhicules

Sur le nombre des voitures, 45% estiment qu’elles sont assez nombreuses et 45 autres pour cent (45%) sont d’avis qu’elles le sont plus ou moins. Seuls 8% d’entre eux trouvent que les coopératives nationales malgaches ne disposent pas d’assez de voitures.

Un TATA. On ne compte plus beaucoup de ce genre de vieux véhicule dans la place
Un TATA. On ne compte plus beaucoup de ce genre de vieux véhicule dans la place

La ponctualité

S’il y a bien une chose sur laquelle les clients bougonnent, c’est le non-respect des horaires (notamment celles des départs).

Ainsi, interrogés sur la ponctualité des voitures des coopératives, 37% des habitués du transport national confirment bien qu’elles sont ponctuelles. Mais pour 35%, elles ne le sont pas toujours, et pour les 26%, c’est pire : pour eux, les taxis-brousse ne respectent pas du tout les horaires prévus.

La propreté

Si la propreté est, avouons-le, négligée dans certains bus à Antananarivo, qu’en est-il des voitures du transport national ? Eh bien, selon 43% des abonnés du transport national, les voitures des coopératives sont bien propres. Pour 42%, les véhicules du transport national sont d’une propreté somme toute relative (moyennement propre, ça se dit ?), tandis que pour quelque 14%, ces véhicules sont vraiment sales.

Les éventuels problèmes liés au transport national

Forcément, quand on emprunte le transport national à Madagascar, il y a des problèmes récurrents avec lesquels l’on devra forcément composer. Voici comment les Tananariviens les ont expérimentés :

Problèmes rencontrés avant et durant le voyageOuiNon
Changement de place sans l’accord du passager10%90%
Sureffectif des passagers21%79%
Bagages perdus11%89%
Panne de voitures sur la route36%64%
Retard de départ39%59%
Solidarité pour réparer une panne en cours de route
Solidarité pour réparer une panne en cours de route

En conclusion, que retenir de ce sondage sur le transport national vu depuis la capitale

Si un peu plus de la moitié des Tananariviens n’ont jamais voyagé sur les lignes nationales (51%), soit ils utilisent d’autres moyens de transport (véhicules personnels et véhicules de location notamment) pour leur déplacement, soit ils ne voyagent quasiment jamais. Au moins, notre sondage révèle que la majorité des Tananariviens ayant déjà voyagé sur les lignes nationales prend le temps de faire des vacances une fois par an (61%). Les autres motifs de voyage sont plus liés à des obligations familiales et professionnelles.

Et puis, avec le nombre de véhicules circulant dans tout Madagascar, saturant essentiellement les grandes villes comme Antananarivo, sûrement que les Malgaches peuvent se permettre de voyager sans passer par les transports en commun.

D’un point de vue organisationnel, il semble aussi que le transport national fasse moins râler les passagers que le transport urbain. Ce n’est en aucun cas des éloges gratuits lancés à l’égard des opérateurs du transport national, mais force est de constater que « seuls » les taux de panne et de retard y sont réellement problématiques.

Bienvenue à Madagascar : même en dehors de la ville d'Antananarivo, les taxis-brousse subissent encore des embouteillages
Bienvenue à Madagascar : même en dehors de la ville d’Antananarivo, les taxis-brousse subissent encore des embouteillages

Chez certaines coopératives sérieuses (vous savez sûrement de quelles coopératives il s’agit), l’heure de départ est bien spécifiée. Chaque passager réserve à l’avance et est alors tenu de respecter les horaires. Les agents de cesdites coopératives sont cap de vous appeler à 10 minutes du départ officiel si vous n’êtes pas là. Et si jamais vous n’êtes toujours pas là à l’heure dite, ben c’est simple : ils partiront sans vous. Logique je trouve.

Dans d’autres coopératives, vous vous pointez le matin sans savoir quand partira la voiture. Bien sûr, parce que personne n’a réservé ! Et quand vous demandez au chauffeur ou à son assistant, combien de passagers doit-on encore attendre avant d’y aller, ils vous répondront « plus que 2 ». Ouais, c’est ça ouais. 4h et 5 passagers en trop plus tard, le car n’est toujours pas parti. De toute façon, il faudra toujours compter quelques heures de retard chez ces coopératives underground.

Au moins, le problème du sureffectif des passagers n’a concerné que 21% de ceux qui ont déjà expérimenté les lignes du transport national. Il est vrai que sur les lignes nationales, en principe, c’est un siège pour un passager, ce qui n’est pas le cas de certaines lignes régionales. Imaginez-vous vous retrouver dans un minibus, empaqueté comme une sardine pas fraîche dans son jus, alors qu’il faut encore compter des heures de route. Bonjour la chaleur et le vomi surtout.

Note de la rédaction : Vous avez une question sur Madagascar qui vous turlupine ? Un sujet qui vous démange ? N’hésitez pas à le poster dans les commentaires, nous l’inclurons sûrement dans nos prochains sondages !

Retrouvez également ici tous les sondages et études statistiques menés par l’équipe Stileex à ce jour.

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